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Encore une année noire pour le journalisme dans le monde selon RSF


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Encore une année noire pour le journalisme dans le monde selon RSF

Avec la fin proche de l’année 2013, l’ONG Reporters Sans Frontières dresse un tableau inquiétant des exactions faites à l’encontre de ceux dont la mission est d’informer le public, qu’ils soient journalistes professionnels, journalistes-citoyens et blogueurs.

En 2013, 71 journalistes ont perdu la vie en 2013. Maigre consolation, l’année fut moins meurtrière, d’après RSF que la précédente. Le nombre de journalistes tués dans l’exercice de leurs fonctions a baissé de 20% cette année par rapport à l’année précédente, lors de laquelle 88 d’entre eux avaient été tués.

Contrairement à une idée reçue, la guerre n’est pas la première meurtrière de journalistes. Seul 39% des journalistes tués cette année l’ont été dans des zones de conflit. Les autres “ont été victimes de la couverture d’attentats, ou assassinés par des groupes liés au crime organisé (mafia, narcotrafic, etc), des milices islamistes, par des forces de l’ordre ou sur ordre d’officiels corrompus”, explique RSF dans un communiqué.

Le nombre de tués en 2013 reste cependant dans la fourchette haute des bilans des années récentes : 67 en 2011, 58 en 2010, 75 en 2009. En ce qui concerne les bloggeurs et journalistes-citoyens 39 ont été tués en 2013, -17% par rapport à 2012.

Le sinistre palmarès des pays les plus meurtriers inclut la Syrie (10 journalistes et 35 citoyens-journalistes tués), l’Inde (10 journalistes, un record), les Philippines (8 journalistes), la Somalie (7 journalistes) et le Pakistan (7 journalistes).

La baisse du nombre de journalistes tués ne saurait cacher la hausse des agressions enregistrées contre les journalistes (+9%) et l’explosion des enlèvements (+129%).
Les menaces et agressions à l’encontre des journalistes ont augmenté en partie à cause des opérations de maintien de l’ordre lors de manifestations dans plusieurs pays : en Egypte, celles du parc Gezi à Istanbul, les cortèges de protestations au Brésil ou bien encore les rassemblements place Maïdan en Ukraine.

Lors de ces manifestations en Ukraine, Roman Kupriyanov, un caméraman d’euronews a d’ailleurs été pris pour cible par les forces de l’ordre et a été violemment attaqué. Sa caméra détruite et roué de coup, il a du être emmené à l’hôpital.

En ce qui concerne les enlèvements, “l’immense majorité des cas répertoriés concerne le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (71), suivis de l’Afrique sub-saharienne (11). Quarante-neuf journalistes ont été enlevés en Syrie en 2013 et 14 en Libye” recense RSF.

L’ONG ajoute que “au moins 178 journalistes sont emprisonnés à ce jour. La Chine, l’Erythrée, la Turquie, l’Iran et la Syrie demeurent, comme en 2012, les cinq principaux geôliers du monde pour les journalistes”. Près de 37 journalistes dans le monde restent encore otages ou disparus en 2013.

Ces exactions et risques qui pèsent sur les journalistes en Syrie, Somalie ,Iran, Erythrée, etc. poussent ces derniers à l’exil. Ils se retrouvent alors réfugiés, en situation précaire, dans des pays voisins qui sont loin de les accueillir les bras ouverts.

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

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