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Le "Joyeux Noël" d'Edward Snowden

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Le "Joyeux Noël" d'Edward Snowden

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Il invoque Georges Orwell. Si l’auteur britannique de “1984” “nous avait prévenus”, la réalité dépasse la fiction selon Edward Snowden : “nous avons des détecteurs dans nos poches qui nous suivent partout où nous allons”.
Puis, de se lancer dans une diatribe contre la surveillance de masse, qui ne respecte aucune frontière : “un enfant né aujourd’hui grandira sans conception aucune de ce qu’est la vie privée. Il ne saura jamais ce que cela signifie d’avoir un moment de vie privée, d’avoir une pensée qui n’est ni enregistrée ni analysée. Et c’est un problème, car la vie privée est importante, la vie privée nous permet de déterminer qui nous sommes et qui nous voulons être”.
Entre éthique et morale, ces déclarations, d’une nature autre que les révélations fracassantes auxquelles il s‘était livré jusque-là, précèdent le “Joyeux Noël” d’Edward Snowden.
Les voeux de l’ancien agent de la NSA ont été communiqués par la chaîne britannique Channel 4 aujourd’hui. Ils sont extraits d’un “message de Noël alternatif” – un concept de la chaîne depuis 1993 – destiné à être diffusé ce mercredi 25 décembre.

Un peu plus tôt dans la journée, l’Américain, qui a révélé l‘étendue des programmes de surveillance de l’Agence américaine de sécurité s‘était déclaré satisfait d’avoir agi ainsi, évoquant une mission accomplie. “J’ai déjà gagné” a-t-il affirmé dans un entretien au Washington Post. “Car souvenez-vous, je n’ai pas voulu changer la société, j’ai voulu donner à la société les moyens de décider par elle-même.”
Poursuivi pour espionnage et vol de documents gouvernementaux, le jeune trentenaire, qui a trouvé asile en Russie, n’a pas le sentiment d’avoir agi en traître, comme on lui a reproché.
“Je travaille toujours pour la NSA, en ce moment même, mais ce sont les seuls à ne pas le comprendre.” Il motive ainsi ses agissements par la volonté d’“améliorer la NSA”, et se dit loyal : “Tout ce que je voulais, c’est que le public ait un droit de regard sur la manière dont il est gouverné.”
Il rejette enfin l’idée de sacrifice. Qu’est-ce qui l’a donc poussé à transmettre ces informations au public?
“Il fallait bien que quelqu’un fasse le premier pas” répond simplement Edward Snowden dans le Washington Post.