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Reconstituer de l'os à partir de graisse

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Qui dit fracture, dit souvent simple plâtre. D’habitude, un os cassé ou fêlé est capable de se régénérer tout seul. Mais parfois, cela ne suffit pas et là… place à l’inventivité. Dans le laboratoire des Cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles, en Belgique, on a mis au point une méthode révolutionnaire : faire de l’os à partir de cellules de graisse.

D’abord, il faut prélever des cellules adipeuses sous la peau du patient, au niveau du ventre, sous anesthésie locale. Ces cellules sont ensuite traitées pendant 3 mois pour se transformer en véritables cellules osseuses : une matière vivante tridimensionnelle qui va venir réparer l’os.

“L’originalité, c’est que l’on a mimé Mère Nature”, note le chercheur Denis Dufrane. “On a respecté la physiologie humaine.”

Cette matière, les chercheurs belges l’ont baptisé “creost”. C’est un amas gélatineux semblable à de la plasticine.

“On peut l’appliquer à n’importe quel type de trou osseux”, poursuit le scientifique. “À la mâchoire, au niveau de la tête fémorale, au niveau des os longs… Dans n’importe quelle structure osseuse, dès qu’il y a un trou, on peut utiliser creost.”

À ce jour, chez onze patients souffrant de non-consolidation osseuse spontanée ou de dégénérescence du disque vertébral lombaire, cette méthode révolutionnaire a permis de reformer de l’os. En tout juste quelques mois.

“C’est clair qu’il n’y a pas de risque de rejet puisque cela vient du patient lui-même”, souligne le neurochirurgien Christian Raftopoulos. “Le problème à l’heure actuelle, c’est le coût lié à cela mais si cela devait marcher comme on l’espère et si l’on peut être plus rapide, alors cela ouvre une voie potentielle énorme”, poursuit-il.

Des phases cliniques vont suivre avec pour objectif de traiter entre 200 et 300 patients. L’espoir à long-terme est de mettre au point un véritable médicament, une sorte de pâte adhésive, pour reboucher les os.

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