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Une nouvelle constitution


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Une nouvelle constitution

C’est toujours dans un contexte très polarisé que les Egyptiens votent une nouvelle constitution un peu plus d’un an après la promulgation, en décembre de 2012, d’une constitution défendue par les islamistes. Celle-ci avait été approuvée avec 64% des voix, mais avec seulement 33% de participation et dans un contexte de manifestations rivales sanglantes.

Elle ne durera pas longtemps. Le 3 juillet l’armée destitue et arrête le président Mohamed Morsi, qui lui dénonce un coup d’Etat. La constitution est suspendue, l’armée prend les rênes du pays et rétablit l‘état d’urgence pour trois mois.

Le véritable homme fort de l’Egypte est depuis le général Abdel Fattah Al Sissi, ministre de la Défense. Il envisage de se présenter à la présidentielle en avril, une fois la nouvelle constitution, fortement soutenue par l’Armée, approuvée.

Le nouveau texte constitutionnel prévoit que le ministre de la Défense soit désigné après approbation du Conseil Suprême des Forces Armées, pour les deux mandats présidentiels qui suivront l’entrée en vigueur de la nouvelle constitution. Il établit aussi l’interdiction de juger des civils devant la Justice Militaire, sauf en cas de participation à des attaques directes contre les membres ou les propriétés de l’Armée.

Ces deux articles sont les plus controversés selon Hassan Nafaa, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire : “La constitution de 2013 est nettement mieux que celle de 2012, ne serait-ce que en ce qui concerne les libertés individuelles et collectives.
A mon avis l’article le plus important dans cette constitution c’est celui qui donne au Parlement le pouvoir de retirer la confiance au Président. Et ceci est une première en Egypte. Mais personnellement je suis pas d’accord avec deux articles, celui qui permet de juger des civils devant de cours militaires, et le deuxieme concernant le choix du ministre de la Défense.”

La nouvelle constitution établit, comme la précédente, que l’Islam est la religion d’Etat, que la Charia est la source principale de droit et que l’arabe est la langue officielle de l’Egypte. Elle garantit aussi la totale liberté de croyances.

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