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France : la justice dit "non" à l'euthanasie passive pour Vincent Lambert


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France : la justice dit "non" à l'euthanasie passive pour Vincent Lambert

La délivrance n’est toujours pas au rendez-vous pour l‘épouse de Vincent Lambert. Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, préfecture du département de la Marne, s’est prononcé ce jeudi contre l’euthanasie passive pour le patient tétraplégique, hospitalisé à Reims depuis cinq ans. La fin de vie de Vincent Lambert, un infirmier de 38 ans victime d’un grave accident de la route en 2008, est tourmentée par les décisions de justice depuis près de dix mois. Le service de médecine palliative du CHU de Reims indique qu’il se trouve dans un état pauci-relationnel, autrement dit de conscience minimale, mais sa famille se déchire devant le tribunal pour décider de son sort.

Ce sont les parents de Vincent Lambert, ainsi qu’une soeur et un demi-frère, qui ont saisi la justice pour arrêter le processus décidé par le CHU de Reims. L‘établissement hospitalier avait annoncé sa décision samedi dernier, à l’issue de deux réunions entre les médecins et l’ensemble de la famille en septembre et décembre 2013. Trois experts sur quatre avaient également tranché en faveur d’une euthanasie passive. L’alimentation et l’hydratation par sonde devaient être stoppées. Mais les parents de Vincent Lambert, qui ont qualifié les réunions de “mascarades”, persistent à s’opposer à cette fin de vie assistée. Leur avocat, qui avait déjà obtenu gain de cause devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne en mai dernier, a de nouveau plaidé mercredi que la loi Leonetti ne peut pas s’appliquer dans ce cas car le patient est handicapé mais ne souffre pas d’une maladie incurable.

Pendant les quatre heures d’audience, Rachel, l‘épouse de Vincent Lambert, s’est plusieurs fois effondrée. Elle est convaincue qu’il faut abréger le calvaire de son mari et appuie la décision médicale, tout comme sept autres membres de la famille. Rappelant que Vincent connaissait ce genre de problème en tant qu’infirmier, elle explique “Ce qui le répugnait, c‘était la dépendance. Entendons-le et respectons-le”. L’avocate du CHU de Reims a souligné mercredi que la continuation des traitements était une “obstination déraisonnable”. Elle n’a pas été entendue. Les parents du patient, selon plusieurs autres proches, seraient guidés par “une idéologie très catholique”.

Le député Jean Leonetti, qui est l’auteur de la loi française actuelle sur l’accompagnement de la fin de vie, estimait pourtant que cette législation pourrait s’appliquer au cas de Vincent Lambert. Une réforme de la loi, qui date de 2005, est en préparation. Le Parlement sera saisi d’un texte peut-être avant la fin de 2014.

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