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GOV, l'application pour noter les politiques


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GOV, l'application pour noter les politiques

Noter les hommes politiques au jour le jour ? Il y a une app pour ça : GOV. Son ambition : donner la parole aux citoyens à défaut d’être appelés par les instituts de sondages, de manifester ou de voter. Le système est très simple : un gros bouton vert ‘plus’ et un gros bouton rouge ‘moins’ permettent de donner son avis chaque jour sur près de 150 hommes et femmes de la scène politique française.

Les ‘govers’, nom donné aux utilisateurs de ce nouveau réseau social par ses créateurs, peuvent aussi lancer des questions au reste de la communauté, qu’elles soient en débat dans la société et les médias ou non. La fin de vie, le choc de simplification, l’entrepreneuriat ou encore la conférence de presse de François Hollande de la veille sont, par exemple, au menu des questions posées aujourd’hui sur l’application.

GOV a été lancée par Pierre-Alexandre Teulié, entre autre ancien conseiller de Christine Lagarde et ancien secrétaire général de Carrefour, et Bobby Demri, un jeune web entrepreneur, qui se dit inspiré de l’usage des réseaux sociaux lors des printemps arabes.

Après avoir téléchargé l’application sur iOS ou Android, vous possédez 5 ‘GOV’s’ pour pouvoir commencer à donner votre avis. Vous pouvez en gagner plus en vous connectant à Facebook ou en partageant l’application sur Twitter ou Facebook. Votre assiduité peut aussi vous rapporter des ‘GOV’s’ supplémentaires. L’application, qui se veut sociale, utilise votre profil public, la liste de vos amis, votre email et votre ville actuelle. A vous de choisir si vous souhaitez que ces informations aillent chez GOV et que vos GOV’s soient partagés sur Facebook… A défaut, votre espace d’expression est rapidement limité mais vous pouvez au moins consulter les courbes quotidiennes, hebdomadaires, mensuelles et annuelles de chaque homme et femme politique.

On peut s’interroger sur la portée d’une telle application tant au niveau de la représentativité des votes que de la force de « l’expression politique » qu’entend révolutionner GOV. L’application n’est disponible que sur smartphone même si ses créateurs souhaitent à terme créer une plateforme web. Ne s’y expriment pour le moment que les personnes qui téléchargent l’application, un échantillon de population bien loin des systèmes de quotas représentatifs des instituts de sondage. Sans personne pour centraliser et porter ces ‘bonus / malus’ disparates aux personnes concernées, comme peuvent le faire par exemple les plateformes de pétition en ligne, difficile de formaliser ces voix dans la réalité du débat politique.

Par ailleurs, comment s’assurer qu’un groupe de personnes ne s’entend pas pour fausser les résultats en votant massivement pour telle personnalité ou contre telle autre ? Les concepteurs de l’application ont assuré à un blog spécialisé faire de la modération pour éviter les sujets qui enfreindraient la loi, par exemple qui relèveraient de l’incitation à la haine.

De simple à simpliste, la frontière est étroite. L’application permet certes de distribuer les bons et les mauvais points depuis son canapé ou son fauteuil de bus, sur l’impulsion du moment, cela suffira-t-il à « révolutionner l’expression politique en France » ?…

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