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Seconde Gueurre mondiale : décès du soldat japonais oublié

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Seconde Gueurre mondiale : décès du soldat japonais oublié

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Un homme au destin singulier s’est éteint jeudi 16 janvier au Japon. Hiroo Onoda, 91 ans, était l’un de ces soldats japonais oubliés, qui n’ont pas capitulé le 2 septembre 1945 comme l’ensemble de l’Empire du Japon. Isolé sur l’île de Lubang aux Philippines, Onada a continué « sa » guerre jusqu’en 1974, soit pratiquement 30 ans après la fin du second conflit mondial.

En 1944, l’officier de renseignement Hiroo Onoda et trois autres soldats sont envoyés sur cette île dans le Pacifique avec un ordre formel : ne jamais se rendre et tenir leur position jusqu’à l’arrivée de renfort. Un renfort qui n’arrivera jamais. Ignorant la capitulation de leur pays, les quatre hommes vivront cachés des années, tout en respectant scrupuleusement les ordres émis par la hiérarchie.

Un des compagnons d’Onada révéle leur existence, lorsqu’il décide de quitter, en 1950, la jungle pour rentrer au Japon. Des actions sont alors entreprises pour informer les hommes restés sur le « front » que la guerre est belle et bien finie. Des tracts sont par exemple largués au dessus des installations défendues par les derniers soldats de l’armée impériale. Mais ces derniers, interprètent toutes ces tentatives comme des duperies. Ils échangent même des coups de feu avec des troupes philippines. Manille et Tokyo, pensant les irréductibles morts, arrêtent les recherches en 1959.

Mais en 1972, coup de théâtre : Onada et son dernier fidèle engagent un nouveau combat avec des soldats philippins. Des deux, seul Onada survit. Le gouvernement japonais décide alors d’envoyer sur place des membres de sa famille pour le ramener à la raison et lui faire déposer les armes. Mais, à nouveau, il refuse. Ce n’est qu’en 1974, lorsque son ex-commandant est envoyé à son tour dans la jungle de l’île de Lubang, que l’officier entêté accepte sa réédition.

Le lieutenant Onada a été l’un des derniers soldats japonais à se rendre. Ce dernier déclara plus tard que durant toutes ces années il n’avait qu’une idée en tête : exécuter les ordres.

D’autres japonais ont également connu le même sort. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les positions japonaises dans le Pacifique étaient importantes. De grandes bases à de petits détachements de quelques hommes, l’armée impériale avait quadrillé le secteur. Quand l’ordre de démobilisation fut donné, certains, portés par le fanatisme ou l’incrédulité, ou tout simplement coupés de tout moyen de communication, restèrent mobilisés. En 1972, un autre des ces soldats, Shoichi Yokoi, fut ainsi retrouvé sur l’île de Guam.