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Avertir qu'on est toujours en vie via une application destinée au Liban

Après le dernier attentat qui a fait quatre morts mardi dans le sud de Beyrouth, une étudiante libanaise vivant à Paris a conçu une application d’un genre qui peut sembler un peu cynique.

Elle vise à permettre aux Libanais dont le pays a subi trois attaques meurtrières en un mois, de faire parvenir en quelques secondes un message à leurs proches via Twitter pour leur dire qu’ils sont toujours vivants.

Les utilisateurs peuvent envoyer une expression standard en anglais : “I am still alive !” (qui signifie : “je suis encore en vie”) avec les hashtags #Lebanon (Liban) et #LatestBombing (dernière explosion) quand un nouvel attentat se produit dans le secteur où ils se trouvent. Rappelons que le Liban connaît après une période de calme relatif, un regain de violences liées au conflit en Syrie.

Sandra Hassan, la jeune femme qui au départ, a pensé cette application comme une blague dit avoir été surprise de l’intérêt qu’elle suscite. Elle indique avoir reçu des demandes pour l’améliorer et pour en faire un outil destiné à entrer facilement en contact avec ceux qu’on aime.

Nous l’avons interviewé :
euronews : “Comment avez-vous eu cette idée ?”

Sandra Hassan, étudiante libanaise et conceptrice de l’application :
“La situation au Liban est un peu agitée en ce moment : de nombreuses explosions ont eu lieu dans le pays en ce mois de janvier. Comme tous les Libanais, dès qu’un évènement de ce genre se produit, je me rue sur mon téléphone et j’essaie de joindre mes amis et ma famille pour savoir s’ils sont sains et saufs. Quand on est à l‘étranger, on s’inquiète encore plus.
L’idée d’inventer cette application me vient de cette expérience. J’ai publié cette version la semaine dernière parce que j‘étais sous le choc d’une explosion qui avait eu lieu le jour même.
Pour autant, même si la situation sur place est dramatique, j’espère que cette application pourra être utile et je travaille d’ailleurs à la développer davantage.”

euronews :
“Avez-vous déjà fait l’expérience de lignes téléphoniques coupées après une attaque ? Ce qui fait de twitter le moyen de communication le plus rapide avec ses parents et ses amis après un évènement de ce genre.”

Sandra Hassan :
“A chaque crise, les réseaux téléphoniques sont pris d’assaut et saturent presque immédiatement. Ce qui veut dire que les gens ne peuvent pas joindre ceux qu’ils aiment pour vérifier qu’ils n’ont rien et – plus important -, ceux qui ont besoin d’aide ne peuvent pas passer d’appel. Utiliser twitter ou n’importe quel autre outil en ligne, c’est rapide et efficace pour communiquer et cela peut permettre de désencombrer les réseaux téléphoniques.

euronews :
“Pensez-vous créer une autre application en cas d’explosion, d’attentat ou d’urgence sur twitter ou les autres réseaux sociaux ?”

Sandra Hassan :
“Je travaille déjà à l’amélioration de cette application pour la rendre indépendante des réseaux sociaux : conserver twitter et ajouter facebook comme option possible pour l’utilisateur.
Il faudrait que l’application ne nécessite qu’un minimum de bande passante internet et propose ses services également à ceux qui n’ont pas de compte sur les réseaux sociaux.
Cette application n’est pas spécifique aux situations d’explosion à la bombe ou d’attaque, mais peut être utilisée dans toute situation de crise ou d’urgence. J’ai commencé à collaborer avec l’Observatoire International des Crises pour adapter l’application à la gestion des secours.”

euronews :
“Un commentaire sur votre application ?”

Sandra Hassan :
“J’ai été surprise par l’importance des retours que j’ai eus et par les demandes des utilisateurs qui souhaitent que j’améliore l’application et que j’intègre plus de fonctionnalités.
Bien que je me consacre à son développement, j’espère que cette application s’avèrera inutile, du moins qu’elle ne sera pas rendue nécessaire en raison de crises d’origine humaine.”

euronews :
“Peut-on en savoir plus sur votre parcours ?”

Sandra Hassan :
“Je suis libanaise. J’ai un diplôme de type Bachelor en sciences informatiques et plusieurs années d’expérience en tant qu’ingénieur en logiciels. J’ai été technicienne médicale d’urgence au sein de la Croix-Rouge libanaise pendant quatre ans. Toutes ces expériences m’ont poussé à entamer un cursus en “Master of Public Health” avec une spécialisation en santé humanitaire et e-santé. Je suis en train de finir ce programme qui est dispensé à Paris par l’Ecole des Hautes Etudes en Santé publique (EHESP).”


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