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Mystères et fortunes de mer


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Mystères et fortunes de mer

L’épopée du Mexicain José Salvador Alvarenga suscite l’étonnement. Comment cet homme a-t-il pu survivre sur son rafiot pendant plus de 10 mois en se nourrissant d’oiseaux et en buvant du sang de tortue ? Parti du Mexique en décembre 2012, le bateau de 7 mètres de ce pêcheur de requin s’est finalement échoué sur l’atoll d’Ebon,dépendant des Iles Marshall, parcourant plus de 10 000 kilomètres sans moteur, au gré des courants et du vent.

La mer, les océans, pour qui ne sait pas les affronter, sont des environnements « hostiles ». Les chances de survie sans matériel adéquat sont des plus minces. Notre Mexicain, dans son frêle esquif, a su trouvé les ressources pour survivre, bien que des zones d’ombres subsistent dans son récit. Quid, par exemple, de son compagnon d’infortune, emporté par la faim ?

Est-ce une fatalité d’être pêcheur de requin mexicain ? Question des plus judicieuses en effet, car en août 2006, trois hommes ont également vécu une odyssée dont ils se seraient bien passés. Après plus de neuf mois de dérive en mer, ils ont été également retrouvés non loin des Iles Marshall. Une étrange similitude donc.

L’archipel des Marshall semble attirer les hommes en détresse. Un autre exemple peut alimenter cette théorie. Un mois plus tard, en septembre 2006, d’autres pêcheurs partis de Micronésie avaient également touché terre sur l’une de ses îles, après avoir dérivé plus de 170 jours, en survivant grâce à des poissons crus et à l’eau de pluie.

D’autres personnes n’ont pas eu la « chance » d’avoir une embarcation comme planche de salut. La tragédie d’un couple américain est l’une des plus noires. Tom et Eileen Lonergan rêvaient de vacances lointaines. Ils sont partis en Australie en janvier 1998 pour faire de la plongée. C’est alors que l’invraisemblable s’est produit : les responsables du groupe de plongée les oublient, le bateau part sans eux. Ils se sont retrouvés seuls, livrés à eux-mêmes. Malgré de nombreuses recherches, ils n’ont jamais été retrouvés.

Brett Archibald a été lui plus chanceux. En avril 2013, ce surfeur australien est passé par-dessus bord du bateau dans lequel il se trouvait pour rejoindre un spot situé sur les iles Mentawaii. En pleine tempête, il s‘est retrouvé au milieu de l’océan. Mais le miracle s’est produit : 28 heures plus tard, il a était retrouvé épuisé et déshydraté par un autre bateau, croisant dans les environs.

Lorsque des aventures telles que celles-ci font surface, le doute, l’incrédulité peuvent surgir. Adhérer intégralement à de tels propos heurte notre conception de la « normalité ». Le sort de ces hommes et de ces femmes, embarqués bien malgré eux dans des situations où la frontière entre vie et mort semble bien mince, nous renvoie à de vieux souvenirs de lecture : îles désertes, pirates, etc., alimentant cette fameuse « part de rêve » qui est en nous.

Illustration : Le radeau de La Méduse, Théodore Géricault

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