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La Lettonie goûte à l'euro après de douloureux efforts

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La Lettonie goûte à l'euro après de douloureux efforts

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Le premier janvier dernier, la Lettonie est devenue le 18ème membre de la zone euro. Occasion pour nous de voir comment ce pays aborde cette transition et ce qui l’a poussé à adopter la monnaie unique malgré la crise de ces deux dernières années.

Nous avons rencontré des entrepreneurs qui soulignent les bienfaits de l’adoption de la monnaie unique : ils n’ont plus à subir les taux de change qui fragilisaient leur activité. Du côté des associations de consommateurs, on constate qu’avec l’introduction de l’euro, certains prix ont augmenté, d’autres ont baissé au point d’aboutir à un équilibre.

Mais on ne peut pas parler de la Lettonie sans évoquer ses performances en matière économique : si les critères de convergence se sont traduits par une très forte austérité aux lourdes conséquences pour la population, le pays affiche aujourd’hui, des chiffres remarquables : le produit intérieur brut letton augmente bien plus que la moyenne européenne et le taux de chômage qui avait atteint des niveaux alarmants a baissé d’environ cinq points en un an pour s‘établir aux environs des 10%.

Valdis Dombrovskis, ancien Premier ministre du pays et artisan de l’adhésion de l’euro, souligne pour sa part, les efforts entrepris par son pays pour remplir les critères de convergence : “l’ajustement fiscal a représenté 17% du PIB,” rappelle-t-il, “ce qui correspond pour environ un tiers, à des hausses d’impôts et pour les deux autres tiers, à des réductions des dépenses ; aujourd’hui, notre déficit budgétaire pour cette année atteint moins de 1% du PIB.” Il souligne également la bonne santé de l‘économie lettone : “à Chypre, les actifs du secteur bancaire représentaient près de 800% du PIB ; la moyenne dans l’Union européenne est d‘à peu près 360-370% tandis qu’en Lettonie, c’est environ 130%, notre secteur bancaire est petit et bien capitalisé comparé à ceux des pays qui ont été en difficulté,” assure-t-il.

Les Lettons n’ont pas soutenu en masse, l’introduction de l’euro. Certains ont contesté l’idée qu’elle allait entraîner une inflation faible et une meilleure gestion des finances publiques. C’est aussi ce qui s’est passé lors de l’adoption de l’euro en Estonie en 2011 sans grande adhésion de son opinion et alors que le pays traversait des réformes douloureuses pour répondre aux critères de Maastricht. Mais trois ans plus tard, l’euro jouit d’une bonne image et les exportations ont doublé en direction d’autres pays de l’Union.