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Malgré les concessions mutuelles, la défiance règne en Ukraine

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Malgré les concessions mutuelles, la défiance règne en Ukraine

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Même s’ils ont évacué la mairie de Kiev et débloqué l’une des principales artères de la ville, les manifestants ukrainiens restent sur le qui-vive. Ils ont quitté ces hauts lieux symboliques de la contestation, uniquement pour permettre la libération de leurs frères d’armes. Car les autorités ont promis, en échange, d’amnistier dès ce lundi les protestataires interpellés entre fin décembre et début février, soit 234 personnes.
L’opposition, très sceptique, reste mobilisée et réclame l’abandon des poursuites pour 2000 personnes.

Ses chefs ont invité la foule à la vigilance ce dimanche.

Pour Arseni Iatseniouk, “le président Ianoukovitch veut seulement gagner du temps. Cela ne l’intéresse pas de régler les problèmes politiques et économiques”, dit-il. “L’unique solution pour régler cette crise est d‘établir un gouvernement rassemblant tous les courants politiques, pas un gouvernement pro-Ianoukovitch mais un gouvernement pro-ukrainien. Sinon, nous aurons un nouveau cycle de tensions et d’insurrection”.

Viktor Ianoukovitch pourrait proposer un candidat au poste de Premier ministre, ce mardi, devant le parlement, l’Ukraine n’ayant plus de chef du gouvernement depuis la démission de Mykola Azarov le 28 janvier.

“Nous revenons à la case départ”, ajoute un manifestant interviewé par euronews. “Mais c‘était important pour nous que les prisonniers soient libérés et qu’ils ne soient pas poursuivis ou condamnés à des peines de huit à quinze ans d’emprisonnement”.

Non loin de là, Olexandr Zinchenko, partisan du Parti des Régions, pro-pouvoir, ne croit pas à une évacuation totale des protestataires. Pour lui, “l’opposition ne contrôle pas ce qui se passe sur le Maïdan (ndlr : Place de l’Indépendance à Kiev). Il y a trop de courants qui n’arrivent pas à s’entendre, et, si certains s’en vont, d’autres vont rester”, dit-il.

Vitali Kiltschko et Arseni Iatseniouk se rendent à Berlin ce lundi pour demander à Angela Merkel et surtout à l’Union européenne une aide financière.

Depuis le début du conflit en Ukraine, au moins quatre personnes sont mortes et plus de 500 ont été blessées.