DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

L’ère des réseaux sociaux et ses héros révolutionnaires


monde

L’ère des réseaux sociaux et ses héros révolutionnaires

Twitter et Facebook peuvent, certes, aider à la propagation des idéaux démocratiques. Mais sans héros en chair et en os, qui versent leur sang pour les causes qu’ils défendent, le changement ne serait pas possible.

“Je meurs”,“Ia vmiraiu”. Voilà ce qu’écrivait, d’une main, Olesya Zhukovskaya, sur son feed Twitter, alors qu’avec son autre main elle faisait un garrot à son cou, pour arrêter l’hémorragie qui pouvait lui couter la vie.

Mardi 20 février, à environ 10h44 du matin heure de Kiev, une balle attaint le cou de cette jeune infirmière volontaire de 21ans alors qu’elle soigne des blessés sur la place « Euromaidan ». Des photos publiées sur Twitter la montrent portant une chasuble avec une croix-rouge, se tenant le cou couvert de sang. Certaines sources indiquent qu’un sniper lui a tiré dessus.

Son tweet est devenu viral. Dans l’espace de quelques heures, son jeune sourire radieux, d’avant le coup, a fait le tour du monde.

Prise en charge très vite par des équipes de secours et opérée d’urgence, Olesya est hors danger. La jeune Ukrainienne a pu même reprendre ses tweets et a envoyé à ses ‘followers’ un message réconfortant : “Ia jiva” – “Je suis en vie !”.

A des milliers de kilomètres de l’Ukraine, de l’autre côté de l’Atlantique, Geneis Carmona n’a pas eu cette chance. L’étudiante de 22 ans est morte mercredi 19 février d’ une balle dans la tête à Valencia, troisième ville du Venezuela, lors de manifestations anti-gouvernement de plus en plus violentes.

Ex ‘Miss’ et mannequin, Carmona aurait été tuée, According to Associated Press, quand un gang à moto, agissant a priori pour le compte du gouvernement vénézuélien, a ouvert le feu sur la foule.

Olesya Zhukovskaya et Genesis Carmona rejoindront Neda Agha-Soltan au panthéon des jeunes héros se battant pour la liberté et des gouvernements non-corrompus. Rappelez-vous cette jeune Iranienne de 26 ans! Le 20 juin 2009, lors des manifestations anti- Ahmadinejad suite à sa réélection,la jeune femme a été la cible du tir d’un Basidji, un membre des milices Islamiques Iraniennes. La balle, tirée à bout portant, la touche en plein cœur.

Neda est morte dans les bras de son professeur de musique, que l’on entend crier « Neda, n’aie pas peur, n’aie pas peur. Reste avec moi, reste avec moi ! » Les derniers mots de la jeune femme, dont le visage est devenu l’emblème du mouvement iranien pro-démocratie ont été « je brûle, je brûle ».

Filmé par des badauds, les images de la mort de Neda se sont rapidement répandues sur internet, attirant l’attention des médias et des internautes du monde entier. En fin de journée, ce 20 juin 2009, le hastag #neda était utilisé par des millions d’utilisateurs de Twitter. A partir de 2009, les experts ont commencé à utiliser le nouveau concept de « Révolution Twitter ».

Chaque génération érige des statues en marbre à ses héros. Ceux de la nôtre ont une place sûre dans ce Panthéon de bytes et pixels qu’est internet. Mais l’histoire de l’irrépressible quête de liberté de l’être humain ne pourrait être réécrite, génération après génération, sans ce sang qui tâche, aujourd’hui, les rues de Kiev, Damas, Alep, Caracas, Valencia, Téhéran, Le Caire, Tunis…

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Prochain article

monde

Panthéon : Entrez ici G.de Gaulle, G.Tillion, J.Zay et P.Brossolette