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L'Union européenne, zone à risque pour les investisseurs internationaux ?

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L'Union européenne, zone à risque pour les investisseurs internationaux ?

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Les investisseurs internationaux font leur retour dans l’Union européenne dans un contexte de taux d’intérêt mondiaux au plus bas. De manière générale, leur appétit pour le risque semble plus fort même si les entreprises conservent prudemment leurs liquidités. Les marchés boursiers ont rebondi en 2013 et en 2014, ils sont dopés par une timide reprise.

A Londres, nous avons rencontré Pippa Malmgren, experte de la finance internationale et ancienne conseillère de George W. Bush. Elle nous assure que même si les Américains ont transféré bon nombre de leurs capitaux vers des placements plus sûrs au déclenchement de la crise dans la zone euro, ils ont réalisé comme d’autres “que dans le monde industrialisé, les gens se serrent la ceinture et qu’ils rationalisent ce qu’ils font, ce qui les rend plus compétitifs”. Et elle insiste : “l’Europe est une région du monde où l’on peut encore faire des profits”.

Autre éclairage : celui de Seijiro Takeshita, directeur de l’une des plus importantes institutions financières au monde, Mizuho International. En Europe, “la situation est bien meilleure qu’il y a trois ou quatre ans et il y a une tendance à la reprise actuellement”, estime-t-il. Mais il va jusqu‘à parler de “pagaille” en Europe : “vous n’avez pas la flexibilité, la marge de manœuvre pour vous en sortir en jouant sur vos taux de change”, dit-il avant d’ajouter : “mais sachez que faire face à une déflation ou essayer d’en sortir est beaucoup plus délicat que tout ce que vous avez vécu y compris les craintes inflationnistes.” Les Européens doivent selon lui faire face à “un manque total de confiance et [à] des craintes grandissantes sur une division de l’Europe.”

Dans le détail, les Américains occupent toujours la première marche du podium des investisseurs directs en Europe. La Chine et Hong Kong occupent une place de plus en plus importante en la matière : les capitaux chinois ont augmenté de 155% en deux ans. On les retrouve notamment au Portugal. Sur place, trois investisseurs chinois ont pris des participations dans la privatisation d’entreprises des secteurs de l’assurance et de l‘énergie pour près de cinq milliards d’euros. Ce qui correspond à plus de la moitié de tout ce que Lisbonne a levé en trois ans depuis le lancement de ce programme qui fait partie du plan de sauvetage.
Les autorités portugaises misent aussi sur un dispositif de carte de résidence économique : des “visas gold”, c’est-à-dire des permis de séjour de cinq ans, sont ainsi accordés à ceux qui investissent 500.000 euros dans le pays. 228 Chinois en ont profité ces derniers mois.

Mais au Portugal, on trouve aussi des entreprises brésiliennes comme Petrobras, Odebrecht et Embraer qui est aujourd’hui, le plus grand groupe industriel brésilien présent dans le pays. C’est grâce à une aide de la Commission européenne que le numéro trois mondial de l’aéronautique a ouvert il y a moins de deux ans, un site dans une région pauvre et embauché 220 personnes.