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Le dossier brulant du gaz entre Moscou et Kiev


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Le dossier brulant du gaz entre Moscou et Kiev

Gazprom, le bras armé de Moscou dans l‘énergie a annoncé mettre un terme le mois prochain aux tarifs préférentiels du gaz consentis en décembre. Pas une surprise, mais un sérieux coup dur.

Devant un parterre d’hommes d’affaires ukrainiens et étrangers, Arseniy Iatseniouk s’est voulu rassurant : “on tournera le robinet dans un autre sens, a promis le premier ministre par intérim. La Russie ne peut pas changer les accords bilatériaux comme ça. Nous allons trouver les ressources financières pour payer la dette. La Russie ne peut pas utiliser le gaz comme une arme contre l’Ukraine”.

C’est pourtant ce qu’elle a toujours fait. Le gaz, enjeu majeur et moyen de pression incontournable : 60 % du gaz russe destiné à l’Europe transite par l’Ukraine. Une Ukraine ultra dépendante, puisqu’elle importe 60 % de son gaz de Russie, et mauvaise payeuse en plus. La dette gazière de Kiev à l‘égard de Moscou est colossale : 1,12 milliards d’euros.

La crise qui a secoué le pays toutes ces semaines et les derniers évènements en Crimée ont encore aggravé la situation économique d’un pays aux abois.

La Hryvnia s‘échange aujourd’hui à 12 contre 1 dollar, soit une chute de 10% ces derniers mois. La croissance qui atteignait 4,1 en 2010 est aujourd’hui négative. La dette publique atteint 43 % du PIB. Enfin, en terme de confiance des investisseurs, la Banque mondiale classe le pays 137 ème sur 183

Tomas Fiala dirige l’une des plus grosses sociétés d’investissement d’Ukraine : “avec les changements politiques depuis l’autre vendredi, les prix des euro-obligations ont pris 5 points et le lundi encore 5 points, la bourse a bondi de 20 % et beaucoup d’argent est rentré, mais tout est retombé avec ce qui arrive en Crimée.”

L’impact pour les petits commerces est bien réel. Anna Kovalenko est une jeune créatrice de mode. Sa boutique se trouve à Kiev.

“Bien sûr, les Ukrainiens n’ont pas le moral, ils achètent moins. Evidemment, beaucoup de gens ne savent pas de quoi demain sera fait, s’ils auront leurs salaires, si la situation sera stable. Beaucoup préfèrent économiser leur argent plutôt que de le dépenser.”

En plein bras de fer russo-ukrainien, les experts du Fonds monétaire international examinent à partir d’aujourd’hui à Kiev un plan d’aide avec les nouvelles autorités, et la question des réformes à consentir est à nouveau posée.

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