DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Quelles sanctions et jusqu'où ?


Ukraine

Quelles sanctions et jusqu'où ?

Si les Occidentaux ont vite réagi à l’annexion par la Russie de la Crimée, les sanctions décrétées hier ne semblent pas émouvoir le chef du Kremlin.

Le président américain a décrété que 11 hauts responsables russes et ukrainiens seraient visés par des sanctions dans la foulée de l’Union européenne, qui juste avant, décidait des restrictions de visas et gels d’avoirs à l’encontre de 21 personnes.

“Nous imposons des sanctions à des personnes précises responsables de porter atteinte à la souveraineté et l’intégrité territoriale et au gouvernement de l’Ukraine. Il est clair que c’est la conséquence de ce qu’ils ont entrepris” a justifié Barack Obama.

Si l’ex-président Ianoukovitch, d’autres anciens dirigeants ukrainiens et plusieurs personnalités aux commandes en Russie sont touchés, aucun ministre du gouvernement russe n’est visé.

Des mesures symboliques pour l’analyste Paul J. Saunders: “franchement, je pense qu’elles auront peu d’impact. Avec ce genre de sanctions à portée individuelle, on ne devrait pas beaucoup avancer. Si l’administration américaine veut imposer des sanctions économiques, elle peut certainement le faire, mais alors il faudra admettre qu’il y a un risque très élevé que la Russie prenne des mesures de rétorsion contre les entreprises américaines et peut-être aussi contre les Américains vivant en Russie”.

De fait, la Russie ne semble pas se formaliser. Rustem Adagamov, influent blogueur russe a traité les mesures de “blague” dans un tweet tout comme le vice-Premier ministre Dmitri Rogozine, qui lui figure sur la liste, et qui a lui aussi tweeté son indifférence amusée.

Si les dirigeants européens se réservent la possibilité de prendre des sanctions économiques et commerciales aux conséquences plus fortes lors de leur nouvelle rencontre cette fin de semaine, les Occidentaux savent leur marge de manoeuvre étroite. L’Europe surtout, très dépendante du gaz russe, ne peut se permettre de mettre en péril une reprise bien fragile.

Significatif, Vladimir Poutine n’a pas été visé, pas plus que les oligarques russes, dont les capitales financières occidentales abritent souvent les avoirs. Que Barack Obama et ses alliés européens passent à la vitesse supérieure si Moscou reste sourd aux avertissements reste donc à voir…

2.23 extrémités

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Prochain article

monde

Immigration : assaut massif dans l'enclave de Melilla