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Russie : le dilemme européen

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Russie : le dilemme européen

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Deux semaines après le premier sommet consacré à l’Ukraine, les dirigeants européens se retrouveront ce jeudi pour décider de la suite. Bruxelles va aider financièrement l’Ukraine. Un prêt de 1,6 milliards d’euros vient d‘être confirmé.
Des sanctions ont aussi été décidées en début de semaine. Elles visent 21 personnes, des responsables pro-russes de Crimée et des Russes, mais personne de l’entourage de Vladimir Poutine.
Le président russe, qui a signé avec les autorités séparatistes le rattachement de la Crimée à la Russie, ne semble guère intimidé par les menaces européennes. Moscou s’offre même le luxe de brocarder le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, qui voulait se rendre à Moscou mais n’y a pas été autorisé par les chancelleries des 28.
Si l’Union européenne hésite à passer aux sanctions économiques, c’est que beaucoup d’Etats membres sont très liés à la Russie que ce soit sur le plan commercial ou énergétique.

Euronews a rencontré le ministre lituanien des Affaires étrangères. L’histoire de ce pays Balte est fortement liée à celle de la Russie dont il a fait partie jusqu‘à l‘éclatement de l’URSS au début des années 90.

James franey, euronews : “ Pouvez-vous expliquer comment l’histoire de votre pays, la Lituanie, influence votre vision de cette crise ? “

Lina Linkevičius : “ C’est un héritage national important car cela ne remonte pas à si longtemps. C’est très récent. On peut être dans l’incertitude, et parfois on peut se sentir seul à devoir s’attaquer aux problèmes. Mais maintenant c’est différent. Nous sommes membres de l’Union Européenne, nous sommes membres de l’OTAN. Donc c’est collectivement que nous pouvons envisager de résister aux menaces, à la pression. “

euronews : “ Donc vous ne craignez plus d’interférence russe dans votre pays ? “

Linas Linkevičius : “ Comme je l’ai dit, en tant que membre de l’OTAN, nous avons des garanties de sécurité. Mais nos voisins n’ont pas ces garanties. Et le moins que l’on puisse faire, c’est de montrer notre solidarité et envoyer un message très clair. Il y a des choses que l’on ne doit plus faire au 21ème siècle, l’invasion, l’agression d’un pays souverain. Et afin que cela ne se reproduise pas, nous devons agir au mieux, au moins collectivement. “

euronews : “ Et c’est quoi agir au mieux ? Qu’attendez-vous du sommet de jeudi et vendredi ? “

Linas Linkevičius : “ Pour parler franchement, on ne devrait pas être fier d’en arriver aux sanctions, car c’est vraiment le dernier recours. Mais quand les appels au calme, les appels à la Russie pour qu’elle engage des discussions avec le gouvernement ukrainien – et il faut passer par cette étape importante – quand ces appels n’aboutissent pas, il arrive un moment où il faut envoyer un signal tangible. “

euronews : “ Que doit faire la Russie pour éviter des sanctions économiques plus dures, cette nouvelle phase dans les sanctions dont nous parlons ? “

Linas Linkevičius :” L’occupation ou l’annexion de la Crimée est quelque chose que nous ne reconnaîtrons jamais. Il n’y aucun doute là-dessus. Mais il n’en est pas moins important d’envisager l‘éventualité d’une poursuite de l’escalade, l’annexion de l’Est et du Sud de l’Ukraine. Personne ne peut garantir que cela n’arrivera pas, bien qu’il ait été dit que ce n’est pas à l’ordre du jour. Personne n’en discute pour l’heure, mais nous avons déjà vu des scénarios similaires dans la région. la Russie intervient car elle dit devoir défendre des Russes. Cette éventualité d’une intervention est vraiment alarmante et cela nous inquiète. Et nous devons agir pour l’empêcher. Ce n’est pas moins important que l’annexion de facto de la Crimée, qui est déjà en soi une violation du droit international. “

euronews : “ Mais où se trouve la ligne rouge pour vous? “

Linas Linkevičius : “ Personnellement, je pense que cette ligne a déjà été franchie. Oui, c’est fait. Que peut-on faire d’autre pour convaincre que tout ce qui se passe en Crimée est illégal ? C’est vraiment aller vers l’escalade… “

euronews : “ Comme envahir l’Est de l’Ukraine peut-être ? “

Linas Linkevičius : “ Une invasion de l’Est de l’Ukraine, ce serait vraiment franchir une ligne rouge, et du coup nous amener à prendre des mesures plus convaincantes… “