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SolarStratos : un voyage aux limites de l'espace

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Un planeur solaire pour aller dans la stratosphère. C’est le pari pas si fou que ça d’un « éco-aventurier » suisse qui veut emmener des passagers à plus de 20 kilomètres d’altitude, là où on voit les étoiles en plein jour. Premier vol touristique prévu en 2018.

Son tour du monde entre 2010 et 2012 à bord du PlanetSolar – le plus grand bateau solaire jamais construit et le premier à avoir effectué un tour du monde uniquement grâce à l‘énergie du soleil – ne lui aura visiblement pas suffit. C’est à l’ombre de l’immense Ariane, au musée de l'air et de l'espace du Bourget, en France, que le suisse Raphaël Domjan a présenté, le 18 mars, son dernier projet à mi-chemin entre le monde de l’aviation et celui de l’espace : SolarStratos. Encore à l‘état de maquette, ce grand planeur solaire doit pouvoir emmener ses passagers dans la stratosphère, à plus de 20 kilomètres d’altitude.

Long de 7,7 mètres et de 20 mètres d’envergure, ce grand planeur sera propulsé grâce à un moteur électrique de 18 CV alimenté grâce à l‘énergie solaire captée par 20 m2 de panneaux solaires placés sur ses ailes. La conception de SolarStratos à été confiée à Calin Gologan. L’ingénieur en aéronautique allemand a déjà collaboré au projet SolarImpulse, l’avion solaire de 63,4 m d’envergure qui a réalisé la traversée d’ouest en est des Etats-Unis en 2013.

Les premiers essais devraient avoir lieu en 2015 en Suisse où l’avion, construit en Allemagne, sera acheminé pour les mises au point et réglages définitifs. Si ils sont concluants, les premiers passagers, eux, embarqueront dès 2018. Prix du voyage ? 50 000 € les dix heures de vol. Mais l’avion solaire ne sera alors qu’un bi-place même si ses concepteurs envisagent déjà une construction plus spacieuse : « Cette aventure prévue en 2017, a aussi pour objet d’ouvrir une porte sur une activité touristique solaire proche de l’espace », a précisé Raphaël Domjan.

Vol à haut risque

En plus des nombreuses contraintes techniques liées au caractère à la propulsion solaire du planeur, s’ajoutent les conditions extrêmes dans lesquelles le pilote d’essai, Raphaël Domjan lui-même, voyagera (la température extérieure est de -70°C à 24 km d’altitude). En effet, le cockpit est trop petit pour être pressurisé, il devra donc porter une combinaison spatiale elle-même pressurisée et branchée sur la même source d‘énergie alimentant le moteur électrique. Cette dernière ne permet pas de s’extraire de l’avion en cas de problème. Raphaël Domjan n’aura donc pas de parachute et risque la mort en cas de dépressurisation accidentelle de sa combinaison.

« En dehors des engins spatiaux, aucun avion habité (à l’exception en 1977 du pilote russe Alexandre Fedotov qui a atteint 37 650 mètres à bord d’un prototype du Mig 25), n’a atteint une telle altitude d’où l’on voit à la fois la courbure de la Terre ainsi que les étoiles en plein jour », a indiqué Raphaël Domjan.

C’est entre les mains expertes de l’astronaute hispano-américain Michael Lopez-Alegria, que reposent la direction des vols. Ce dernier a participé à quatre vols dans l’espace, passé 115 jours dans la Station spatiale internationale (ISS) et réalisé dix sorties extra-véhiculaires dans l’espace. Il ne reste qu‘à espérer qu’il soit la bonne étoile de Raphaël Domjan.

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