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Municipales françaises : Poussée du Front National sur fond d'abstention record

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Municipales françaises : Poussée du Front National sur fond d'abstention record

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Traditionnellement, les électeurs français sont assidus aux scrutins locaux. Avec plus de 38 % au premier tour des municipales, l’abstention atteint un record. Record aussi pour le Front National. Au niveau national, c’est l’UMP qui sort vainqueur avec 46,54 % des voix devant 37,74 % pour la gauche, et près de 5 % pour le FN. Mais l’analyse retient autre chose. Frédéric Badi, IFOP :

“Recul très fort de la gauche sauf dans quelques bastions, deuxième élément : c’est bien sur cette poussée du Front National, qui n‘était présent que dans 600 villes, seul un français sur 3 avait la possibilité de voter pour le Front National, donc le score de 5 % du FN sur l’ensemble de la France est un vrai trompe-l’oeil par rapport à son potentiel réel.”

La percée du FN est indéniable. Outre Hénin-Beaumont, déjà acquise, dans 8 villes, le FN est en tête et pourrait l’emporter, parmi lesquelles de grandes villes comme Perpignan ou Avignon.

Les villes qui pourraient basculer à droite sont nombreuses, alors que le basculement à gauche est bien plus rare.

Symbole de la percée locale du FN : Hénin-Beaumont, bastion historique de la gauche, gagnée dès le premier tour par le candidat frontiste. Marine Le Pen chassait sur ces terres depuis plusieurs années. Pour elle, tout cela n’est qu’un début. La stratégie de la boule- de-neige. Marine Le Pen :

“Le vote Front National-Rassemblement Bleu Marine n’est plus seulement une force nationale, c’est aussi désormais une grand force locale. C’est un vote qui a vocation à s’enraciner dans tous les territoires de la république pour préparer l’alternative de demain.”

C’est bien la stratégie de Marine Le Pen, grapiller peu à peu du terrain jusqu’en 2017. En face, les deux grands partis traditionnels ont pris une claque hier soir. Chacun continue pourtant de se renvoyer la responsabilité de la montée du FN en France, et contrairement à 2002, l’appel au front républicain lancé à gauche, n’est pas entendu à droite.

Jean-Marc Ayrault, premier ministre :
“Là ou le Front National est en situation de l’emporter dans quelques communes au second tour, l’ensemble des forces démocratiques et républicaines ont la responsabilité de créer les conditions pour l’empêcher.”

Jean-François Copé, président de l’UMP :
“C’est important maintenant que le second tour soit l’occasion de passer du carton jaune au carton rouge, que les électrices et les électeurs qui ont voté pour le Front National puissent dimanche prochain se reporter massivement sur les candidats de l’UMP afin de marquer vraiment leur opposition à la gauche.”

Autrement dit, tous les candidats se maintiendront, il n’y aura pas d’alliances pour barrer la route au Front National, qui pourrait remporter plusieurs villes et qui bouleverse scrutin après scrutin le paysage politique français en cassant le traditionnel bipartisme.