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Municipales françaises : Anne Hidalgo remporte la bataille pour Paris


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Municipales françaises : Anne Hidalgo remporte la bataille pour Paris

Jusqu’au bout, Nathalie Kosciusko-Morizet y a cru. « Dimanche, tout peut changer ! », claironnait la candidate à la mairie de Paris lors de son dernier meeting de campagne jeudi.
Ce dimanche à 21h16, sa rivale Anne Hidalgo remerciait « Paris » sur Twitter.


La socialiste, qui conduisait la liste d’union PS-PCF et EELV est annoncée gagnante face à Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP-UDI-Modem) par l’institut Ifop (54,5% contre 45,5%).
Clap de fin d’une bataille chevronnée qui opposa deux femmes déterminées à diriger la capitale et s’accordant sur au moins un point : leur titre. Que l’une ou l’emporte, on parlerait désormais de Madame « la » maire.

« Ma différence avec vous Madame Hidalgo c’est que je suis une conquérante et non une héritière ! »

Ainsi s’exprimait Nathalie Kosciusko-Morizet, mercredi soir, lors de l'unique débat de campagne face à sa rivale Anne Hidalgo, mercredi dernier.
La réplique fuse. La rencontre est houleuse. Selon NKM, la socialiste s’est montrée rétive à l’affronter en face à face dans les médias. Elle n’avait pas hésité à l’interpeller début mars : « On a une candidate qui ne mène pas campagne mais qui hiberne. Et je voudrais le dire ce soir: c’est le Printemps aujourd’hui ! Et je crois que l’exigence démocratique, ça va être qu’elle sorte de sa tannière de l’hôtel de Ville.”
Réponse de l’intéressée :
« En ce qui concerne l’hibernation, j‘étais cet après-midi avec une association de femmes qui font de la moto, et nous avons profité du bonheur de Paris et du soleil de Paris. » « Je ne suis pas aux ordres !» avait- ajouté, cinglante, Anne Hidalgo.
Ambiance.

Si NKM raille ce statut d’«héritière » de la dauphine du maire sortant de la capitale frnaçaise, Bertrand Delanoë, elle a, elle aussi, reçu sa part d’héritage : celui d’un goût certain pour la politique.
Elle est une enfant de la balle. Son père est maire depuis 1995 de Sèvres, dans les Hauts-de-Seine ; son grand-père fut ambassadeur de France ; son arrière grand-père, ancien maire de Boulogne, compte parmi les membres fondateurs du Parti communiste.

Polytechnicienne devenue ingénieur, elle entre en politique en 2004. Elle a alors 31 ans. Elle deviendra maire de Longjumeau, dans l’Essonne, et députée de ce même département. En 2010, l’ancien président Nicolas Sarkozy lui confie notamment les rennes du ministère de l’écologie. En clin d’oeil à ce mandat, Anne Hidalgo l’affuble en pleine campagne du titre de « ministre du diesel «. Une recrudescence de la pollution aux particules fines est alors observée en Ile-de-France.

Deux styles qui s’opposent

Lors de sa campagne, NKM a cherché à incarner le renouvellement de la classe politique, et à fédérer autour d’elle une nouvelle génération UMP, ce qui a notamment suscité la dissidence de quelques barons de la droite parisienne. Puisant son inspiration chez Barack Obama, elle a défini une stratégie numérique de campagne, imposant par exemple Twitter en complément du travail de terrain et d’échange avec les parisiens.
Contre toute attente, l’élue de l’Essonne taxée de « parachutée » à Paris s’était imposée dimanche dernier lors du premier tour des municipales, devançant Anne Hidalgo d’1.24 points et obtenant 35.64% des suffrages.

La candidate socialiste, qui fut la première adjointe de Bertrand Delanoë durant 13 ans, avait quant à elle intitulé son programme pour la capitale « Paris qui ose ». Sur son site internet, cette native de San Fernando, ville andalouse proche de Cadix en Espagne, met en avant sa double nationalité, son « âme » de parisienne, et vante le modèle français d’intégration républicaine. Inspectrice du travail, syndicaliste, elle devient première adjointe à la mairie de Paris, chargée de l’égalité femmes-hommes, à l’issue des municipales de mars 2001.

Lors de l’entre-deux tours, elle s’allie avec Christophe Najdovski, élu d’EELV, qui a récolté 8.86% des voix au premier tour. NKM rallie quant à elle des dissidents UMP sur sa liste dans les 5ème et 14ème arrondissements.

Sur le fond, le programme des deux candidates divergeaient particulièrement sur les questions de logement et de sécurité. Alors que la capitale est caractérisée par une pénurie de logements, Anne Hidalgo prévoit de transformer 200 000 m2 de bureaux en lieux habitables et d’augmenter de 30% le parc de logement social, quand NKM propose qu’un jury citoyen pré-sélectionne les candidats à ce type de logement.
En termes de sécurité, Nathalie Kosciusko-Morizet entendait lutter contre « la mendicité agressive et organisée » et se disait en faveur de la création d’une police de quartier. Anne Hidalgo misait quant à elle sur le renforcement des dispositifs et effectifs existants.
Enfin sur le plan des transports, l’ancienne ministre de l’écologie de Nicolas Sarkozy proposait une couverture du boulevard périphérique et une prolongation des métros jusqu’à deux heures du matin en semaine. L’actuelle maire de Paris veut, elle, éradiquer le diesel.

Ce soir, NKM est apparue pugnace et souriante. Elle a dit mesurer “la déception”, tout en enjoignant ses supporteurs à ne pas être « tristes ».
« Un mouvement s’est créé, une espérance s’est levée, a-t-elle ajouté. D’autres batailles s’annoncent, pour Paris, pour la France.”

A l’issue de ces municipales, 163 élus doivent être désignés pour siéger au Conseil de Paris, et choisiront le 5 avril le successeur de Bertrand Delanoë.

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