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"Se voir jouer les uns les autres, c'est la base de la créativité"


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"Se voir jouer les uns les autres, c'est la base de la créativité"

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En ce début de printemps, Budapest devient la capitale du théâtre. Côté cour et côté jardin, 20 compagnies de 13 pays différents se retrouvent sur les planches du Théâtre national de Hongrie. Pas pour une compétition, non, pour échanger. Car même si l’on ne parle pas la même langue, l’inspiration vient souvent de l’observation des autres.

“Nous voulions montrer des performances théâtrales enthousiasmantes au public et aussi à artistes”, explique le dramaturge hongrois András Kozma, organisateur de l‘événement. “Ces compagnies sont à Budapest pour la première fois. Avant, nous invitions des comédiens des pays voisins. Maintenant, ils viennent de très loin. De Géorgie, de Bulgarie, du Tatarstan, de Turquie, d’Irak.”

L’Irak, justement, le voilà sous nos yeux. Le metteur en scène Muhamed Al-Hadi présente “Le camp”, l’histoire d’un homme et d’une femme que la guerre a fait fuir leur pays. A la fin du conflit, il veut rentrer en Irak mais elle veut rester en exil. Une atmosphère pesante et une interprétation précise qui a demandé beaucoup de préparation à la comédienne Labwa Arab.

“J’ai regardé beaucoup de vidéos, j’ai rencontré beaucoup de femmes pour tenter de capturer leurs émotions, c‘était très intense”, confie l’artiste. “Encore aujourd’hui quand je pense à mon rôle, quand je répète, cela me… vide, si je puis dire. Parce que c’est beaucoup d‘émotions et parce que c’est une grosse responsabilité pour moi. Une responsabilité d’interpréter de la bonne manière.”

Loin du Moyen-Orient, voici “La liturgie zéro”, mis en scène par le russe Valéry Fokine. Une adaptation du “Joueur” de Dostoïevski où les planches laissent place à une roulette sur laquelle comédiens et décor semblent glisser.

“J’ai l’impression que le théâtre russe fait l’objet d’une attention spéciale”, se félicite Valéry Fokine. “Notre compagnie fête ses 258 ans, c’est l’une des plus vieilles d’Europe et le premier théâtre national de Russie. Cette tradition ancienne est une bonne fondation mais faire du théâtre, ce n’est pas être un musée. Nous devons être frais, vivaces, c’est l’essence même du théâtre.”

De la fraîcheur, en voici avec cette adaptation du “Revizor” de Nicolas Gogol.
Une nouvelle vision du théâtre russe contemporain qui inspire les étudiants hongrois.

“Sur scène, les artistes russes ont un langage différent”, note le jeune comédien hongrois Sándor Berettyán. “Pour les Hongrois, c’est une source d’inspiration pour mettre en scène ou interpréter. Se voir jouer les uns les autres, c’est la base de la créativité.”

Se voir jouer les uns les autres, c’est bien. Jouer pour un public, c’est mieux.
Offrez-vous à Budapest un tour du monde de la création théâtrale d’aujourd’hui. C’est jusqu’au 7 avril.

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