DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

La paix sur les parquets

Vous lisez:

La paix sur les parquets

Taille du texte Aa Aa

Tourner un documentaire sous le manteau en Iran, cela n’a rien d‘évident. Le réalisateur germano-américain Till Schauder a présenté son film à la Berlinale, “The Iran Job”.

L’histoire est celle de Kevin, un joueur de basket américain qui signe un contrat avec une équipe iranienne. Un documentaire que le réalisateur a tourné sans autorisation, avec une petite caméra de poing et un visa touriste. En cachant ses cassettes dans ses sous-vêtements et ses chaussettes.

“Le film entier a été réalisé sans attirer l’attention des autorités iraniennes”, explique Till Schauder. “Techniquement c‘était difficile, je n’avais pas de preneur de son, j’ai beaucoup improvisé mais au final tout ça a eu un impact positif sur le film parce que j’avais une approche plus directe et intime des personnages.”

“Pour Kevin, tout s’est passé différemment de ce qu’il avait imaginé, au niveau sociétal et culturel. Ce qu’il a remarqué en premier c’est que les gens l’ont accueilli à bras ouverts, de manière incroyablement chaleureuse, avec hospitalité. Il n’a jamais ressenti de racisme ou quelque rejet que ce soit.”

L’Américain veut se concentrer sur son sport. Il ne veut pas s’impliquer mais la politique le rattrape. Son appartement devient un lieu de débat. Personnage central du film, Hilda, la kiné du club, se lie d’amitié avec Kevin. Aujourd’hui, elle vit en exil à Londres.

“Je préfère ne pas m’exprimer à ce sujet. Tout ce que je peux dire c’est que je ne peux pas rentrer”, confie l’Iranienne dans les rues de Berlin.

Le sport rapproche les hommes mais ne résout rien. Qu’importe, Kevin est un idéaliste. Le basketteur est un globe-trotter qui a aussi joué sur les parquets du Venezuela. Un autre pays que l’Amérique ne porte pas dans son cœur.