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La Première Guerre mondiale fait débat au Royaume-Uni


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La Première Guerre mondiale fait débat au Royaume-Uni

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Faut-il célébrer ou commémorer la Première Guerre mondiale ? La question fait l’objet d’un débat féroce en Grande-Bretagne. Alors que l’euroscepticisme progresse dans le pays et que les élections européennes approchent, des historiens notamment à Cambridge dénoncent l’attitude de certains responsables politiques qui selon eux, font preuve d’un chauvinisme à outrance. Selon Richard John Evans, le président du Wolfson College par exemple, l’opinion publique doit avoir conscience qu’il peut y avoir des stratégies politiques derrière l‘évocation de ce conflit.

Les eurosceptiques estiment de leur côté que le gouvernement britannique se montre trop timoré : ancien correspondant de guerre et historien militaire, Max Hastings soupçonne Londres et Paris de ne rien dire qui puisse mettre l’Allemagne en colère. D’après lui, le Premier ministre David Cameron ne rend pas hommage aux héros britanniques de la Grande Guerre en flattant les Allemands.

L’an dernier, les conservateurs ont tenté de réécrire les livres scolaires et d’y réduire la place de l’histoire européenne. L’initiative a déclenché une levée de bouclier parmi les historiens et les enseignants dans toute la Grande-Bretagne.

Le gouvernement a dû renoncer si bien que de nombreux établissements conservent une perspective qui n’est pas uniquement britannique. Cela passe notamment par des voyages scolaires en France sur les lieux de mémoire de la Première Guerre mondiale où certains des ancêtres des élèves ont péri il y a cent ans. Une expérience qui les aide à entrevoir ce conflit de manière plus concrète. Des jeux de rôle en petits groupes ont aussi été organisés pour leur faire mieux appréhender les processus de décision et les impasses diplomatiques qui prévalaient à l‘époque. L’une des participantes, Bonnie de l‘école de Westonbirt dans le sud-ouest de l’Angleterre, lance un appel aux principaux partis de tous les Parlements : “s’ils venaient sur ces sites en France”, dit-elle, “ils changeraient peut-être de point de vue et ne déclencheraient pas de conflits majeurs ou feraient en sorte de ne pas en arriver là”.

- Richard John Evans, professeur d’histoire à l’Université de Cambridge et président du Wolfson College, prend position dans le débat sur la Première Guerre mondiale. Retrouvez son interview dans son intégralité en anglais en cliquant sur ce lien.
Bonus interview: Sir Richard John Evans

- Max Hastings, historien militaire, donne son point de vue à euronews sur les commémorations de la Première Guerre mondiale. Veuillez cliquer sur ce lien pour découvrir l’entretien complet (en anglais).
Bonus interview: Sir Max Hastings

- Pour accéder à l’interview complète (en anglais) de l’amiral Alan William John West, ancien commandant général de la Royal Navy et ancien ministre délégué à la sécurité du précédent gouvernement travailliste, sur la Première Guerre mondiale et la crise actuelle en Ukraine, vous pouvez utiliser ce lien.
Bonus interview: Admiral Lord West

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