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Quid de la réconciliation après le génocide rwandais ?

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Quid de la réconciliation après le génocide rwandais ?

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Il y a 20 ans, le Rwanda s’apprêtait à basculer dans l’horreur en éliminant massivement la minorité tutsi et les hutus modérés. 800 000 personnes sont mortes en trois mois. Un génocide, à l‘époque non reconnu comme tel, par les Nations Unies.
Ce fut pourtant le plus rapide de l’Histoire.

L‘événement déclencheur sera la mort du président hutu Juvénal Habyarimana et du président burundais. Dans la soirée du 6 avril 1994, leur avion est abattu par un missile en arrivant sur Kigali. Dès le lendemain, les massacres de tutsi et de hutu modérés hauts placés commencent, encouragés par la radio des Mille collines.

Génocide planifié ou non, il est en tout cas encadré : l’armée rwandaise, la gendarmerie, des milices y participent et poussent la population civile à commettre l’horreur à coups de machette.
Les tutsis étaient souvent rassemblés dans des stades, des églises, comme ici, à Ntarama. Le bâtiment est aujourd’hui devenu un mémorial.
Depuis 1994, un travail de réconciliation a été mis en oeuvre dans le pays et cela semble fonctionner dans de nombreux cas.

“Ils ont trouvé où je m‘étais cachée”, explique Alice, une survivante. “Et Emmanuel qui est ici m’a coupé au visage et m’a tranché la main. Un de ses amis m’a frappé à la tête, je suis tombée par terre et ils m’ont enlevé mon bébé, je le tenais dans mes bras, ils ont tué mon bébé de 9 mois. Un autre homme m’a transpercé l‘épaule et le dos.”

“La première personne que j’ai rencontrée, c‘était Alice”, explique l’un de ses bourreaux, calmement assis à ses côtés. “Je lui ai tailladé le visage, coupé la main, un de mes collègues l’a frappé à la tête, elle est tombée et il lui a transpercé l‘épaule. Et un autre lui a pris son enfant et l’a tué.”

Pour mettre un terme à ses horreurs et prendre le pouvoir à ses hutus génocidaires, le Front
Patriotique rwandais, venu d’Ouganda, entre rapidement en scène. Devant sa progression, et les violences, plus d’un million et demi de Rwandais fuient, notamment vers le Zaïre. Le 17 juillet, c’est la fin des massacres.

Le rôle de la France dans ce conflit ethnique a toujours été controversé.
Il a fallu attendre 2010 et le président Sarkozy pour que Paris reconnaisse de “graves erreurs d’appréciation” et “une forme d’aveuglement” de la France. Mais cette réconciliation-là n’a pas tenu.
Les récents propos de Paul Kagamé ont poussé la France à boycotter la commémoration des 20 ans du génocide.

“Ces déclarations sont inacceptables et infondées. Nous ne pouvons avoir une relation amicale avec le Rwanda que si celle-ci est fondée sur la confiance et la réconciliation”, a expliqué le porte-parole du Quai d’Orsay, Romain Nadal.

Le Président rwandais a accusé la Belgique et la France d’avoir préparé le génocide et même, en ce qui concerne la France, d’y avoir pris part à travers son “opération turquoise”.