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Merkel en Grèce : le gouvernement sourit, la rue gronde

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Merkel en Grèce : le gouvernement sourit, la rue gronde

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Un an et demi après sa dernière visite à Athènes, Angela Merkel est attendue de pied ferme en Grèce. La chancelière allemande arrivera ce vendredi, au lendemain du retour triomphal de la Grèce sur le marché de la dette après quatre ans d’absence.

Mais le satisfecit des bailleurs de fonds du pays n’a d‘égal que la colère de sa population, toujours accablée par la rigueur : les revenus des ménages ont été amputés d’un tiers en cinq ans et le chômage touche désormais 27,5% des actifs, un triste record en Europe. Un contraste que les économistes, comme Panayotis Petrakis, ne manquent pas de souligner. “La grande prouesse de l‘économie grecque depuis la dernière visite de la Chancelière est l’excédent primaire produit en pleine récession, décrypte-t-il. Cela veut dire que les dépenses de l’Etat ont été inférieures à ses recettes. Mais la réduction des dépenses s’est faite au prix d’un chômage accru. Aussi, je pense que la plus grande prouesse, dans le cas de la Grèce, a été l’endurance de sa population.”

Partisane d’une stricte orthodoxie budgétaire, Angela Merkel reste associée au cauchemar économique et social que traversent les Grecs. Lors de sa visite d’octobre 2012, 40.000 personnes avaient manifesté leur hostilité à la chancelière allemande. La marche avait dégénéré en affrontements avec les 7.000 policiers déployés pour l’occasion au centre d’Athènes.

Aujourd’hui, si la rancoeur persiste, elle n’est plus généralisée. “Cette visite est une bonne chose, que ce soit Madame Merkel ou tout autre dirigeant européen. Elle vient pour le bien de la Grèce. Après tout, nous, les Grecs, sommes responsables du pétrin actuel,” admettait un retraité rencontré jeudi dans les rues d’Athènes. Et une quadragénaire de le contredire aussitôt : “l’Allemagne doit d‘énormes sommes d’argent aux Grecs. Mais ils ne pipent jamais mot des compensations qu’ils doivent à la Grèce pour les dégâts de la seconde guerre mondiale.”

Privée de marchés par une dette et des déficits astronomiques, la Grèce était financée depuis 2010 par des prêts internationaux très contraignants. Pour Angela Merkel, une Grèce recouvrant son indépendance financière, c’est aussi un succès personnel.

Pour notre correspondant Giannisis Stamatis, “Madame Merkel ne fera pas de cadeaux aux Grecs. Néanmoins, sa visite est en elle-même hautement symbolique de son soutien au premier ministre Samaras et à son parti à l’approche des élections européennes de mai et des élections locales qui auront lieu simultanément en Grèce.”