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Abdelaziz Bouteflika, le candidat invisible

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Abdelaziz Bouteflika, le candidat invisible

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Après trois mandats et un AVC officiellement sans séquelles, le Président algérien, Abdelaziz Bouteflika, ne quitte plus son siège au propre comme au figuré.

L’annonce de sa candidature à un quatrième mandat, alors même qu’il n’est plus apparu en public depuis un an, a provoqué la colère d’une partie de la population et fait depuis polémique. Malgré cela et l’absence de sondages, il apparaît comme le grand favori de cette élection.

Abdelaziz Bouteflika, 77 ans et malade, est-il en mesure de mener encore un nouveau mandat alors qu’il ne peut même pas faire campagne lui-même ? Ce sont ses proches, sept personnalités politiques dont trois ex Premiers ministres qui parcourent le pays et au delà, en son nom.

Ce nom est associé parmi ses partisans à un concept, “il représente la sécurité qu’il nous a donnée, la stabilité qu’il nous a apportée ! C’est la paix pour nous”, dit une femme.

Bouteflika reste pour beaucoup le “sauveur” d’un peuple encore traumatisé par les événements des années 90. Cet héritage est largement exploité comme dans un clip, qui lui-même créé la polémique. Plusieurs artistes y ont participé et certains le regrettent publiquement. Ils pensaient chanter pour leur pays, mais “Notre serment pour l’Algérie”, également slogan de campagne d’Abdelaziz Bouteflika, a été mis en ligne sur le site du Président algérien.

En Algérie comme en France ou en Tunisie, où les Algériens ont déjà commencé à voter. Les opinions sont tranchées et partagées entre un soutien indéfectible et un rejet farouche. Après 15 ans, pour beaucoup, l’argument sécuritaire ne tient plus et le président est moqué.

“Il est où ? Il existe ? Il n’existe pas ? Ce n’est pas lui qui dirige, c’est certain, ce sont des généraux qui gèrent l’Algérie”, dit un Algérien.

Cette opinion est assez répandue, en témoigne un autre clip, satirique celui-ci et qui reprend un tube de Stromae. L’auteur a préféré garder l’anonymat, mais le succès de son clip en dit long. Au-delà de l’ironie des paroles, les mots expriment sans doute un ras-le-bol d’une jeunesse algérienne privée d’emploi, de libertés individuelles, et des richesses du pays.