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L'ombre du coronavirus MERS plane à nouveau sur le Golfe

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L'ombre du coronavirus MERS plane à nouveau sur le Golfe

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A Jeddah, deuxième ville d’Arabie saoudite, le ministère de la Santé a fermé le service des urgences du principal établissement public de le ville

La plaie de l’Arabie saoudite vient de faire de nouvelles victimes. Les Émirats arabes unis déplorent un décès alors que le Yémen enregistre son premier cas d’infection et que les autorités saoudiennes estiment qu’il est encore trop tôt pour établir un lien entre le coronavirus MERS et les dromadaires.

L’heure n’est pas encore à l’affolement dans la région, même si l’Arabie saoudite connait un véritable vent de panique ces derniers jours. Il faut dire qu’un nouveau ressortissant étranger est décédé dans la ville portuaire de Jeddah, dans l’ouest du pays.

La nationalité de la victime, âgée de 70 ans, n’a pas été révélée et elle vient s’ajouter aux 69 personnes déjà décédées dans le royaume depuis l’apparition du coronavirus MERS en 2012. L’annonce a été faite par le ministère de la Santé afin d’apaiser la population. Elle avait réagi avec crainte au signalement de 4 nouveaux cas et au décès d’un autre étranger deux jours plus tôt, toujours à Jeddah, deuxième ville du pays, où huit nouveaux cas avaient été signalés, dont cinq auprès de personnes travaillant dans le secteur médical.

Le service des urgences du principal établissement public de la ville a été fermé. Les réseaux sociaux se sont emballés. Le ministère de la Santé a dépêché ses fonctionnaires dans les autres établissements de santé afin d’apaiser les esprits. Et la situation a été évoquée lors de la réunion ministérielle hebdomadaire.

Quarante-huit heures plus tôt, ce sont les autorités émiraties qui annonçaient le décès d’un urgentiste philippin du coronavirus MERS. Cinq de ses collègues ont été contaminés. Tous travaillent pour le service d’urgence Al-Ain d’Abou Dhabi. Dans un communiqué, le ministère émirati de l’Intérieur a assuré que “toutes les mesures préventives nécessaires ont été prises en plaçant les patients sous quarantaine”.

Enfin, de son côté, le ministère yéménite de la Santé a annoncé avoir enregistré un cas de contamination par le coronavirus MERS, le premier dans le pays. Il s’agit d’un jeune ingénieur travaillant dans le secteur aéronautique.

Ce nouveau virus, dit du Syndrome Respiratoire du Moyen-Orient, a touché 212 personnes dans le monde depuis septembre 2012. Et 88 d’entre eux ont trouvé la mort, selon le dernier bilan de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Le dromadaire en cause ?

Un étude publiée en février aux Etats-Unis avançait que le coronavirus, à l’origine de problèmes respiratoires aigus, pourrait passer directement des animaux aux humains. L‘étude pointait les dromadaires du doigt, de quoi inquiéter dans le Golfe car ils sont élevés comme des animaux domestiques aussi bien en Arabie saoudite qu’aux Émirats arabes unis ou au Qatar. Ces animaux sont aussi alignés sur des champs de courses qui forment, entre septembre et mars de chaque année, une des traditions régionales les plus ancrées.

Des chercheurs de l’Université de Columbia ont établi que le virus est “extraordinairement commun” chez les dromadaires depuis au moins une vingtaine d’années. “Dans certaines parties de l’Arabie saoudite, les deux tiers de ces animaux ont leurs voies respiratoires touchées”, il est donc “probable que les dromadaires soient la principale source d’infection des humains”. Ce que réfutent les autorités saoudiennes qui affirment qu’il est encore trop tôt pour incriminer les dromadaires.

Les infections par le MERS se sont concentrées en Arabie saoudite, au Qatar, aux Émirats arabes unis. Mais d’autres cas ont été relevés en Allemagne, en France, en Grande Bretagne, en Jordanie et en Tunisie, pour la plupart chez des personnes hospitalisées ayant voyagé au Moyen Orient pendant la période considérée comme pic de transmission. Pour l’heure, il n’existe aucun vaccin pour l’Homme. Seuls des traitements sont à l‘étude, tout comme sont testés en laboratoire des vaccins pour les animaux.

Crédit photo BY CC Flickr/Bagito16