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Quels sont les ressorts de l'innovation en Europe ?


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Quels sont les ressorts de l'innovation en Europe ?

On dit souvent que l’innovation crée des emplois, en particulier pour nos jeunes diplômés. Dans cette édition, nous faisons le point sur les succès et les échecs de la stratégie européenne pour évoluer vers une économie de la connaissance.

Sur fond de croissance faible et de chômage élevé, plus longtemps les jeunes sont privés d’emploi, plus leurs compétences s’effritent. Pendant la crise, ceux qui ont des diplômes s’en sortent relativement mieux par rapport à ceux qui n’en ont pas. Pourtant, les entreprises européennes ne trouvent pas toujours les postulants ayant les qualifications dont elles ont besoin. Des universités essaient avec des partenaires de changer la donne.

Exemple : l’Université libre de Berlin qui accueille environ 35.000 étudiants dont une proportion grandissante d‘étrangers, en particulier en doctorat. “Nous adaptons mieux nos contenus d’enseignement, nos programmes aux besoins du marché et c’est un élément très important de ce qu’on appelle le processus de Bologne qui prévoit que nous élaborions nos programmes en tenant compte des besoins du monde professionnel”, souligne le président de l’université, le professeur Peter-André Alt. C’est aussi dans cette logique que s’inscrit la Master School de l’EIT ICT Labs, l’une des premières communautés créées par l’Institut européen d’innovation et de technologie. Une initiative de la Commission européenne qui vise à établir des partenariats entre le monde universitaire et les entreprises.

L’Université de Swansea au Pays de Galles s’efforce elle aussi de rapprocher entreprises et organismes de formation. Le terrain de son nouveau campus de l’innovation a été offert par BP et il reçoit des fonds du gouvernement gallois, de l’Europe et surtout de la BEI, la Banque européenne d’investissement. Ce campus a pour but de donner un nouveau souffle à l‘économie locale et d’inciter des sociétés internationales à venir s’installer sur place. C’est là que nous avons rencontré Jonathan Taylor, vice-président de la BEI dont les capitaux ont été doublés par ses actionnaires, à savoir les Etats membres, il y a deux ans. Selon lui, ce genre de projets est un bon exemple de ce “grand travail commun qui est mené avec l’industrie et les employeurs potentiels pour cerner leurs besoins et repenser les compétences et les formations qui seront nécessaires à l’avenir”, souligne-t-il avant d’ajouter : “il faut aussi faire progresser la recherche parce qu’aujourd’hui, elle est directement liée à ces investissements et le fait que les ressources publiques soient limitées dans tous les pays d’Europe pousse les universités et l’enseignement supérieur en général à se tourner vers nous et vers des investisseurs privés pour emprunter”.

La Belgique de son côté s’en sort bien en matière d’innovation : elle se situe dans le haut du classement de l’“Indicateur de l’innovation” (de l’Institut Fraunhofer de Munich) même si elle ne dépense que 2 % de son PIB en recherche et développement. C’est 3 % en Allemagne.

En Flandre, le lancement il y a huit ans d’un cluster réunissant des entreprises et des partenaires spécialisés dans les high-tech a permis de créer 20.000 emplois. L’IMEC en fait partie. Cet institut inter-universitaire est devenu l’un des leaders mondiaux dans la recherche sur la nano-électronique appliquée notamment à la santé et à l’environnement. Son activité progresse de 5 à 10 % par an. “Notre activité s‘étend de la recherche fondamentale pure à une recherche très proche du marché et des applications concrètes”, insiste Hubert de Neve de l’IMEC, “nos idées reposent sur la recherche fondamentale, mais celle-ci coûte très cher et une entreprise a du mal à se l’offrir”, poursuit-il avant de conclure : “le financement public nous permet de faire des choses qui peuvent être très prometteuses à l’avenir”.

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