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Missiles iraniens : à la recherche du businessman chinois

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Missiles iraniens : à la recherche du businessman chinois

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Il s’appelle Karl Lee, ou Li Fangwei, c’est selon, et depuis hier les États Unis offrent 5 millions de dollars à qui leur fournira des informations facilitant l’arrestation et la condamnation de cet homme d’affaire chinois. Son tort : avoir fourni des missiles balistiques à l’Iran, via des sociétés écrans basées aux Émirats Arabes Unis. De quoi violer les sanctions visant Téhéran pour son programme nucléaire, affirme le département d‘État.

Le Trésor et le Ministère de la justice américain s’intéressent tout particulièrement à huit de ses sociétés. Il les aurait utilisé pour envoyer 23 containers vers la République islamique destinés à soutenir le développement de missiles balistiques. Ces sociétés ont été ajoutées à la liste noire américaine. Karl Lee y figure depuis 2009 pour des faits de blanchiment d’argent, fraude bancaire et fraude technologique. En représailles, les autorités américaines affirment avoir saisi près de 7 millions de dollars sur les comptes de banques chinoises aux États Unis, des comptes liés aux transactions frauduleuses.

Le Trésor américain affirme également s’intéresser au groupe de Saïd Al Aquili, ressortissant émirati. Il aurait utilisé ses sociétés pour permettre à Téhéran de contourner les sanctions et les restrictions sur ses exportations de pétrole. Sa société pourrait également faire les frais d’une inscription sur la liste noire. Une telle mesure engendre une quasi impossibilité de faire des affaires avec des entreprises américaines et les éventuels avoirs aux États Unis sont partiellement gelés.

Ces manoeuvres des autorités américaines interviennent au seuil d’une réunion entre l’Iran et les cinq membres du conseil de sécurité, plus l’Allemagne. Entre le 5 et le 9 mai, ces derniers vont s’atteler à la rédaction du projet d’accord définitif sur le nucléaire iranien. Cette réunion se tiendra à New York et s’articulera autour des volets techniques de l’accord. Les négociations politiques seront abordées une semaine plus tard à en Autriche. Il y a peu, le président iranien Hassan Rohani s‘était déclaré optimiste, affirmant qu’un accord était à portée de main. La date butoir du 20 juillet pour régler la question devrait donc être tenue comme le stipulait l’accord intérimaire signé en novembre dernier entre les différentes partie. Par ailleurs, le dernier rapport de l’Agence internationale de l‘énergie atomique (AIEA) stipulait que l’Iran avait réduit de 70% son arsenal nucléaire controversé.

Reste que les autorités américaines veulent rester vigilantes. Le mois dernier, un responsable du Trésor avait confié à l’agence Reuters qu’au cours de ces derniers mois, Téhéran avait tenté d’acheter des missiles et des composants interdits pour son programme nucléaire. Des dossiers de contournement des sanctions dans lesquels les sociétés du sieur Lee seraient une nouvelle fois intervenues.