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Elections européennes : quel poids pour les eurosceptiques ?

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Elections européennes : quel poids pour les eurosceptiques ?

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D’après les sondages, les partis eurosceptiques de gauche et de droite réunis devraient devenir une force majeure au Parlement européen à l’issue du scrutin de la fin mai. Quelles conséquences pour la politique de l’Union ? Les eurosceptiques pourraient-ils jouer le rôle de faiseurs de rois au Parlement et dans la désignation du président de la Commission ? Réussiront-ils à rendre l’Union ingouvernable ? Pourraient-ils obtenir une politique plus ferme en matière d’immigration et de protectionnisme et le démantèlement des législations du marché unique ? Par ailleurs, pourquoi les élections européennes sont-elles souvent synonymes de vote protestataire favorisant les extrêmes ? Comment convaincre les électeurs que les enjeux sont plus vastes ?

Parmi les personnalités que nous avons invitées pour débattre de ces questions, Philip Claeys, eurodéputé du parti belge eurosceptique Vlaams Belang et aujourd’hui, candidat aux législatives dans son pays, estime qu’il n’est pas correct de réduire le soutien aux eurosceptiques à un vote de protestation. “Ce ne sont pas des électeurs de seconde zone qui votent pour ces partis”, lance-t-il avant de préciser : “ils veulent une évolution positive : ils veulent défendre la souveraineté nationale et aboutir à une coopération européenne qui soit basée sur le libre-échange, mais qui s’appuie sur des gouvernements nationaux indépendants les uns des autres.”

De son côté, Sophie Heine, tête de liste de la branche belge du parti fédéraliste “Stand up for the United States of Europe” lors de ce scrutin européen, affirme que “même si les eurosceptiques influencent davantage les politiques européennes, cela peut accroître la politisation des questions européennes”. Ce qui serait une bonne chose selon elle : “cela pourrait en réalité donner plus de poids aux fédéralistes au sein des partis traditionnels de gauche et de droite au Parlement européen et dans les différents Etats membres”, poursuit-elle, “et les inciter à clarifier leur message et à exprimer ouvertement leur désir de fédéralisme”.

Enfin, Doru Frantescu, directeur et co-fondateur de VoteWatch Europe, un think tank qui analyse les élections européennes, affirme pour sa part que “la place plus grande des eurosceptiques au sein du Parlement influencera certainement le comportement des partis traditionnels qui vont devoir en tenir compte quand ils formeront des coalitions parce qu’ils seront confrontés à un nouveau rapport de forces. Mais l’importance de l’influence des eurosceptiques au Parlement dépend de nombreux facteurs”, explique-t-il, “le plus important, c’est la capacité de ces partis à travailler ensemble : il y a de grandes divisions entre eurosceptiques de gauche et eurosceptiques de droite”.