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José Manuel Barroso : "mon successeur devra être patient"

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José Manuel Barroso : "mon successeur devra être patient"

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José Manuel Barroso a effectué l’une de ses dernières visites officielles dans la capitale américaine avant de quitter ses fonctions plus tard cette année. Il a rencontré des membres du Congrès et de la Cour suprême, et s’est vu décerner le Distinguished International Leadership Award de l’Atlantic Council. 10 ans tout juste après l‘élargissement le plus important de l’Union, il a jugé l’Europe plus forte et plus sure. Il répond à nos questions.

euronews :
Monsieur le Président, nous allons parler des relations UE-États-Unis. Il y a eu le scandale de la NSA, qui a eu beaucoup de répercussions en Europe, il y a les négociations commerciales du TTIP qui sont très complexes, il y a beaucoup de résistance en Europe et aux Etats-Unis, où en sommes-nous? Qu’en pensez-vous?.

José Manuel Barroso :
Il faut comprendre que ce Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement peut vraiment transformer le scénario économique mondial, parce que notre relation est la plus importante, de loin, en termes de commerce et d’investissement. Il y a eu, il y en encore des inquiétudes, la question de la surveillance par des agences américaines, bien sûr, c’est une question très sérieuse, et nous avons exprimé à nos partenaires américains nos préoccupations, d’une manière très ferme et convaincante. Mais nous les abordons aussi par le dialogue.

euronews :
Sur l’Ukraine : en Russie, le président Poutine surfe sur une vague de popularité, et les sanctions, plusieurs séries de sanctions, n’ont rien changé jusqu‘à présent. Quand verrons-nous que les sanctions font une différence, et que les Russes comprennent la menace ?

José Manuel Barroso :
Notre objectif est de montrer à Moscou qu’il est important qu’ils désamorcent la situation, ce qu’ils n’ont pas fait jusqu‘à présent. Ils pourraient au moins prendre deux mesures. Premièrement, faire un appel public et sans équivoque aux séparatistes qui causent les troubles dans la partie orientale de l’Ukraine, pour qu’ils cessent ces actions et déposent les armes. L’autre chose qu’ils peuvent faire, bien sûr, c’est d’abroger cette décision prise par la Douma d’autoriser l’usage de la force en Ukraine.

euronews :
Dans quelques mois, vous allez quitter la présidence de la Commission européenne. Quels sont vos sentiments ? Quelles sont vos plus grandes satisfactions, vos déceptions, voire vos erreurs ?

José Manuel Barroso :
Le fait que nous ayons été capables, en ces temps très difficiles, de maintenir l’Europe unie, ouverte et même encore plus forte, cela a, à mon avis, une grande signification : cela montre que l’Union Européenne est solide, et que les forces d’intégration sont plus fortes que les forces de désintégration. Et je suis fier que la Commission ait contribué à cela.”

euronews :
Vous connaissez forcément votre successeur personnellement. Avez-vous des conseils à lui donner ?

José Manuel Barroso :
Habituellement, les successeurs n’aiment pas beaucoup écouter l’avis de leurs prédécesseurs. Mais si vous me le permettez, je voudrais conseiller à la personne qui me succèdera comme Président de la Commission, d‘être patient. Il n’est pas facile de présider la Commission européenne à 28 membres, une administration très importante, et qui travaille ensemble avec les Etats membres, le Conseil et le Parlement européen. Vous devez avoir beaucoup de patience et de détermination, de préférence une bonne forme physique, mais par dessus tout, vous devez avoir cette passion pour l’Europe. Et si vous avez cette passion pour l’Europe, et une bonne dose de patience, alors vous y arriverez.