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L'europhobe UKIP joue les trouble-fête en Grande-Bretagne


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L'europhobe UKIP joue les trouble-fête en Grande-Bretagne

Donné vainqueur des élections européennes, devant les travaillistes, les conservateurs et les libéraux-démocrates, le parti eurosceptique et populiste Ukip pourrait provoquer un séisme dans la politique britannique. Volubile et proche des gens comme ici, en campagne à Portsmouth, son dirigeant Nigel Farage n’a qu’un objectif :

“Rejoignez l‘«armée du peuple», et faisons du 22 mai une occasion de porter à ce pays son probablement plus grand choc depuis une centaine d’années. Notre message, c’est que nous voulons que l’Europe nous rende notre argent, qu’on revienne à nos frontières, à notre pays d’avant”.

Le UKIP n’a actuellement que neuf sièges au Parlement européen, mais il espère bien se tailler la part du lion cette fois. Comme beaucoup de mouvements populistes ailleurs en Europe, le Ukip bataille aussi contre l’establissement, et l’immigration, la principale préoccupation de ses électeurs avec l‘économie.

“Nous sommes déjà le pays le plus densément peuplé d’Europe, pas beaucoup de gens le savent dit ce retraité. Et nous avons tellement de gens qui viennent maintenant, nous ne pouvons pas les assimiler tous aussi vite.”

“Je ne suis pas contre l’immigration. Je veux que ce soit les gens dont on a besoin qui viennent travailler” ajoute cet homme.

Né en 1993 en réaction au Traité de Maastricht, le mouvement n’est plus une force politique mineure. Surfant sur la vague de mécontement à l’encontre d’un élite dirigeante jugée déconnectée, il trouble le jeu politique, poussant les partis traditionnels, Tories en tête, à durcir encore leurs positions sur l’immigration et l’Europe.

Pour l’analyste Matthew Goodwin, de l’University de Nottingham : “cela est très révélateur de la façon dont une société responsable et multiculturelle gère un mouvement d’extrême-droite. Sommes nous juste capables de crier au loup en espérant qu’il s’en aille? La question c’est plutôt : pourquoi ces mouvements de «laissés pour compte» se sentent-ils si désabusés et en colère sur la conduite de notre société? Comment pouvons-nous renouer avec eux?”

Crédité de 30 à 40 % le 22 mai – il dépassait déjà les 16 % en 2004 et 2009 – le Ukip s‘était ensuite effondré aux élections générales. Cette fois, beaucoup se disent prêts à voter à nouveau pour le parti de Nigel Farage aux prochaines législatives l’an prochain.

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