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L'axe Iran-Soudan

Entre 2001 et 2012, Téhéran aurait fourni 13 % d’armes légères et autres armes conventionnelles enregistrées comme étant importées par le gouvernement soudanaise

L’Iran ne serait pas étranger à l’armement qui circule au Soudan et au Soudan du Sud. Une étude indépendante de "Small Arms Survey", projet de recherche basé à Genêve, met en exergue l’ampleur des liens militaires entre les trois pays.

Au terme de deux années d’enquête, le rapport publié lundi révèle l’existence de preuves évidentes du soutien au secteur soudanais de production d’armes. Certaines de ces armes sont parvenues aux groupes rebelles indistinctement au Soudan et Soudan du Sud. De fait, les liens militaires entre l’Iran n’ont cessé de croître, ajoute le rapport.

Cité par l’AFP, le porte parole de l’Armée soudanaise, Sawarmi Khaled Saad, affirme que de nombreux pays collaborent avec le Soudan. Le rapport avance par exemple que la Chine aurait fourni de l’entraînement et un soutien technique à la production d’armes au Soudan. Sur la totalité du territoire, les armes légères, les munitions et lance-roquettes de fabrication chinoises sont légions. Et le plus haut conseiller du président soudanais Omar el-Béchir de balayer les suspicions de liens plus étroits avec Téhéran.

Reste qu’en avril dernier, deux navires de guerre iraniens avaient accosté dans le port de Bore, au Soudan. L’armée soudanaise avait alors expliqué que les bâtiments avaient jeté l’ancre pour s’approvisionner en carburant. De quoi faire bondir tout à la fois Israël, les Etats Unis et l’Arabie Saoudite qui s’inquiètent de l’implication de Téhéran dans le pays. Ils accusent de concert l’Iran d’avoir des bases militaires au Soudan. Et Israël affirme que la présence militaire du Hezbollah y est également effective.

Un mois plus tôt, Israël avait arraisonné en mer Rouge un navire transportant des missiles et des cargaisons d’armes en provenance de la République islamique. Toujours d’après l’armée israélienne, le navire avait quitté l’Iran dix jours plus tôt et devait se rendre à Port Soudan oû, après déchargement, la destination finale de la cargaison aurait été la bande de Gaza.

En octobre 2012, le Soudan avait accusé Israël d’avoir bombardé l’usine militaire de Yarmouk, à Karthoum. Bombardement qui était intervenu dix huit mois après un premier raid à Port Soudan que le gouvernement soudanais avait attribué à l’Etat hébreu. En janvier 2009, un raid similaire avait été mené par des appareils étrangers sur un convoi d’armement dans l’est du Soudan.

D’après le rapport de “Small Arms Survey”, Yarmouk serait bel et bien une usine d’armement iranienne sur le sol soudanais. Un technicien qui y travaille affirme que “la compagnie emploie 32 techniciens iraniens et 37 soudanais qui manient des machines fournies par la Chine sous la supervision de l’Iran”. Toujours selon le rapport, l’Iran délivrent des armes au Soudan depuis les années 90. Entre 2001 et 2012, Téhéran aurait fourni 13% d’armes légères et autres armes conventionnelles enregistrées comme étant importées par le gouvernement soudanais. Un pourcentage issu des bases de données commerciales de l’ONU.

Mais, comme le souligne l‘étude, ces armes et ces munitions parviennent de plus en plus à des utilisateurs non liés à l’Etat dans les différents champs de bataille du Soudan et du Soudan du Sud.

Le 10 mai dernier, le président sud-soudanais Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, dont les troupes respectives s’affrontent depuis mi-décembre au Soudan du Sud, ont signé à Addis Abeba un engagement à “cesser les hostilités” et à des futures élections.

Ce conflit a fait des dizaine de milliers de morts et chassé de chez eux près de 1,2 millions de sud-soudanais.

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