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La colère des Brésiliens ne faiblit pas à l'approche du Mondial

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La colère des Brésiliens ne faiblit pas à l'approche du Mondial

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Les Brésiliens sont à nouveau descendus dans la rue jeudi pour protester contre les dépenses de la Coupe du monde de football, qui débute dans un peu moins d’un mois.
Car après une décennie de croissance soutenue, l‘économie brésilienne marque le pas, l’inflation persiste, les investissements fléchissent et la criminalité grimpe. Dans ce contexte difficile, les sommes investies dans le Mondial font scandale.

“On veut mettre en lumière les coûts de la Coupe du monde par rapport aux besoins du Brésil en matière de santé, d‘éducation ou de logement’‘, dit ce manifestant. ‘‘On essaye de faire comprendre au gouvernement qu’il doit changer ses priorités.’‘

Le stade Itaquera de Sao Paulo, où doit s’ouvrir le Mondial, a couté environ 330 millions d’euros. Ce jour-là, l’enceinte est la cible de la colère du Mouvement des travailleurs sans abri et de quelque 2500 familles, qui occupent un camp à proximité.
On estime que 170.000 d’entre elles ont été délogées à cause de la Coupe du monde et des Jeux olympiques de 2016.

“C’est une honte, c’est vraiment une honte’‘, lâche Simone Pedra du Mouvement des travailleurs sans abri. ‘‘Pas le stade en soi, mais le fait que tant d’argent ait été dépensé pour la construction – ce qui fait grimper les tarifs de location dans le secteur – et ce alors qu’il n’y a pas de services de santé dans la région. Nous n’avons pas de cabinet médical ou un hôpital. Pourquoi ? Plutôt que d’investir dans la santé ou l‘éducation, ils ont préféré dépenser l’argent dans ce chantier qui n’a fait qu’aggraver nos problèmes de logements.’‘

Dans cette favela de Rio, c’est ainsi qu’une ONG a décidé de protester contre le manque de moyens dans l‘éducation :
les écoliers ont suivi leur cours dans la rue.

“On demande à être traité comme messieurs Valcke et Blatter de la FIFA sont traités par les pouvoirs publics. Ils viennent au Brésil, fixent les objectifs et délais en tapant du poing sur la table ; des choses que nous, Brésiliens, n’avons pas le droit de faire’‘, explique Antonio Costa, président de l’ONG Rio de Paz. ‘‘Nous avons les pires services publics et rien ne montre que les choses vont s’améliorer.’‘

Le football prioritaire sur l‘éducation des enfants. C’est ce qui met en colère les Brésiliens. Car certaines écoles fermeront pendant la Coupe du monde pour faciliter le trafic.