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Abderrahmane Sissako : "Avec Timbuktu, j'ai essayé de jouer mon rôle, celui de témoigner"

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Abderrahmane Sissako : "Avec Timbuktu, j'ai essayé de jouer mon rôle, celui de témoigner"

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Le film “Timbuktu” du Mauritanien Abderahmanne Sissako a été extrêmement bien reçu par la presse et les festivaliers à Cannes. Il est d’ailleurs pour l’instant l’un des favoris pour la Palme d’or, parmi les 18 films en compétition.

L’histoire se déroule dans cette ville du Nord du Mali qui était encore il y a peu aux mains des Djihadistes.

Frédéric Ponsard, euronews :

““Timbuktu”, c’est un symbole très fort de la connaissance, de la culture, de l‘éducation, de la religion également, c‘était important pour vous que ce film se passe dans cette ville ?”

La vie d’un couple de bergers touaregs, confrontés à la loi coranique appliquée de manière arbitraire et lapidaire, voilà le fil rouge du film.

“Timbuktu” nous plonge dans le quotidien de la population, soumis au régime de terreur des Djihadistes qui n’hésitent pas à transgresser certains principes fondamentaux de l’Islam – comme celui de ne pas rentrer armé dans une mosquée, ce qui véritablement arrive à Tombouctou.“Souvent, ce sont des villes qui sont prises en otage, ce sont des cultures qui sont prises en otage, c’est aussi dangereux sinon plus que quand c’est une ou deux personnes.

“Souvent, ce sont des villes qui sont prises en otage, ce sont des cultures qui sont prises en otage, c’est aussi dangereux sinon plus que quand c’est une ou deux personnes. Et donc c’est ce préjudice causé à une religion, causé à des traditions qui a été pour moi en tant qu’artiste quelque chose d’insupportable. Je l’ai vécu, j’ai souffert de cela, et j’ai essayé de jouer mon rôle, et c’est celui de témoigner, de témoigner”, assure le réalisateur Abderrahmane Sissako.

La force du film est de ne pas tomber dans le manichéisme, car ces djihadistes ont aussi un visage et des émotions. Ce ne sont pas que des machines de guerre ou des robots, mais des êtres humains, avec leurs faiblesses et leurs blessures.

“Chaque personnage, a travers le rôle qu’il joue, pour moi, doit donner un message. Moi, a travers mon personnage de djihadiste, Toulou a travers son personnage de femme touareg, Pino, a travers son personnage de chef de famille, de berger, et notre ami Abdelkrim, un autre djihadiste”, explique Hicham Yacoubi, l’un des acteurs principaux.

La vie d’un couple de bergers touaregs, confrontés à la loi coranique appliquée de manière arbitraire et lapidaire, voilà le fil rouge du film. “Timbuktu” est un film d’une justesse rare, raconté par un grand cinéaste aussi grand humaniste.