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Le chaos de la Syrie à Cannes

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Le chaos de la Syrie à Cannes

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“Eau argentée, Syrie autoportrait” est un film extrêmement bouleversant, une plongée dans le quotidien de l’horreur…
En sélection officielle à Cannes, catégorie séances spéciales, hors compétition, il est défendu par Ossama Mohammed.

C’est depuis Paris que le réalisateur syrien a décidé de compiler des centaines de vidéos Youtube pour écrire un long poème de douleur sur la situation dans son pays, et à Homs en particulier.

Un film pour moitié tourné par des téléphones portables… Frédéric Ponsard, notre envoyé à Cannes, lui a demandé si cela était suffisant pour faire du cinéma :

“C’est une question cinématographique très intéressante, que signifie un plan qui bouge ? Habituellement, je n’aime pas cet effet au cinéma. Et puis j’ai découvert derrière ce cadre qui bougeait, un homme qui criait liberté, liberté, liberté !”

Ossama Mohammed a été aidé dans son entreprise par une jeune cinéaste kurde, Wiam Simav Bedirxan, qui lui a posté des vidéos et qui a tourné pour lui. Elle lui a demandé ce que lui filmerait, s’il était resté à Homs…
Elle est naturellement devenue la co-réalisatrice du film. A la faveur de la reddition de Homs, début mai, Simav a pu rejoindre la Turquie, avant d’arriver à Cannes en fin de semaine et de retrouver son compagnon de “tchat”, Ossama. Le festival leur a donné l’opportunité de se rencontrer pour la première fois.

“Syrie est en fait Simav, c’est une métaphore de la Syrie. Une fille, courageuse, laïque, indépendante, elle représentait ma Syrie quand je l’ai trouvée, quand le film l’a trouvée, et je l’ai suivie.”

Simav, qui signifie “eau argentée” en kurde, a donc filmé son quotidien, les gens qui l’entourent, malgré les bombes, malgré les snipers, malgré la répression.
Elle a notamment suivi Omar, une lumière dans ces ténèbres…

“Le petit Omar est très courageux, très intelligent et malgré sa grande perte, il affronte le monde en posant des questions, en admirant les fleurs, c’est un fantastique exemple de résistance, il essaie de sauvegarder le lien qui l’unit à son père qui a été tué, en collectionnant des fleurs, en créant un dialogue à deux voix avec son père décédé.”

C’est un film en deux temps qui raconte le conflit syrien et le quotidien de Homs assiégée.
Il a suscité beaucoup d‘émotions à Cannes. Une sortie sur petit écran est prévue en France et en Allemagne pour septembre en attendant une probable diffusion sur grand écran.

“C’est un film de mille et une images prises par mille et un Syriens et Syriennes, et moi” rajoute son réalisateur.