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Voyage parmi des clandestins entre le sud et le nord de l'Europe


Le bureau de Bruxelles

Voyage parmi des clandestins entre le sud et le nord de l'Europe

Un navire de la marine italienne vient d’accoster au port de Pozzallo dans le sud de la Sicile. À son bord, 362 immigrants illégaux. Parmi eux, cinq femmes enceintes et 48 enfants. Ils sont originaires de Syrie, d’Egypte, de l’Afrique sub-saharienne ou encore du Pakistan.
Le navire qui les a récupérés dans leur embarcation fait partie de l’opération ‘Mare Nostrum’ assurée par l’Italie pour éviter les naufrages qui font tant de morts parmi les migrants.

Ce jour-là, quatre passeurs sont aussi arrêtés. Après avoir été photographiés pour l’identification, les clandestins sont conduits dans le centre de premier accueil de Pozzallo.

D’après les chiffres de Frontex, l’agence de surveillance des frontières extérieures de l’Union européenne, de janvier à avril seulement, plus de 25.000 migrants sont arrivés en Sicile.
Exceptionnellement, nous sommes autorisés à filmer dans le centre. La capacité est de 180 lits. Ils sont souvent plus du double. “Cela nous coûte cher, dit le maire de la ville Luigi Ammatuna. En travailleurs sociaux, en protection civile, en habits et en nourriture. Rien que pour la nourriture, il faut compter 15 euros par jour et par personne.”

De nombreux migrants passés par la Libye nous racontent avoir été brutalisés par des milices qui font la loi. “Même si tu ne fais que marcher dans la rue, ils t’attaquent, te prennent ton argent, te battent. Et la police ne fait rien mais elle t’arrête ensuite. Ces blessures que j’ai sur les bras, ce sont les Libyens.”

Beaucoup de familles avec enfants disent venir de Syrie. Elles ont payé plus de 1000 euros par personne pour embarquer au péril de leur vie.
Tourner le dos à la guerre, aux privations, et repartir de zéro. Ce jeune Ivoirien a enduré un rude périple, traversant le Sahara, avec un seul but, nous dit-il :
“Etudier, je veux étudier le français, c’est très important pour moi.”

Car la plupart de ceux à qui nous avons parlés ne veulent pas rester en Italie. Pour le maire de Pozzallo, il est urgent de revoir les règles sur le droit d’asile qui imposent aux réfugiés de déposer leur demande dans le pays d’arrivée.
“Pour moi, ça n’a pas de sens dit le maire Luigi Ammatuna. Et beaucoup ne veulent pas être identifiés en Italie pour ne pas être obligés de rester ici parce que ce n’est pas leur destination finale. Alors ils cherchent à s‘échapper avant l’identification.”

Ici comme à Lampedusa, la gestion de l’urgence est quotidienne et le gouvernement italien réclame la solidarité des pays du nord de l’Europe.

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