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Egypte : la bataille de la sécurité et du redressement économique

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Egypte : la bataille de la sécurité et du redressement économique

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Moins d’un an après la destitution du dirigeant islamiste Mohamed Morsi, les Egyptiens s’apprètent à élire leur président, un scrutin dont beaucoup espèrent qu’il parviendra à ramener enfin la stabilité dans ce pays plongé dans une spirale de violence.

C’est en tous cas ce que promet l’ex-chef de l’armée Abdel Fattah al-Sissi, assuré de l’emporter face à son unique rival le laic de gauche Hamdeen Sabbahi.

Ces élections font partie de la «feuille de route vers la démocratie» qu’a promis al- Sisi, à l’issue de la terrible répression contre les Frères musulmans, qui s’est soldée par plus de 2.500 morts et 16.000 personnes en prison. La Confrérie, classée comme organisation terroriste et décapitée, a décidé de boycotter le scrutin, qui perdra en légitimité. Déterminée à la guerre d’usure, refusant tout compromis, elle exige le retour de Mohamed Morsi et le jugement des responsables de la répression.

Selon Hassan Nafaa, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire, la réconciliation est l’un des principaux défis pour le prochain président : “l’Egypte a besoin d’un Etat civil et moderne. Si le mouvement islamique décide de participer à la fondation de cet Etat, nous nous en félicitons, on ne peut pas exclure ce mouvement de la vie politique. Mais la question, c’est : quel est ce courant politique”?

Dans ce climat de tensions, les attaques contre les forces de sécurité sont quasi- quotidiennes. Dans cet attentat début mai au Caire, un policier a été tué et quatre autres blessés. Les autorités accusent les Frères musulmans d‘être derrière ces attaques menées par les groupes djihadistes, en représailles contre la répression.

L’insécurité, c’est le leit motiv de ces élections. Elle affecte lourdement le secteur du tourisme, maillon fort d’une économie exsangue, trois ans après la révolution qui a renversé Hosni Moubarak. La dette publique ne cesse de monter, le taux de chômage atteint 13%, dont un quart de jeunes. Les investissements étrangers sont en berne.

Les Egyptiens souffrent de coupures d‘électricité à répétition. Elles sont devenues quotidiennes du fait de l’incapacité du gouvernement à dégager les devises pour acheter du carburant, et en raison du manque de centrales face à la croissance démographique.

Dans un pays où 40% de la population vit autour du seuil de pauvreté, le redressement de l‘économie est la priorité d’Abdel Fattah al-Sissi, comme de son rival. L’homme fort du Caire s’est engagé y remédier en renforçant le role de l’Etat. Sous deux ans…