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Europe : le match europhobe

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Europe : le match europhobe

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Ils sont l‘électrochoc dont parle la presse internationale. Marine Le Pen en France, Nigel Farage en Grande Bretagne sont les grands vainqueurs des élections européennes : avec respectivement 25 et 27,5 % des voix, ils ont pour la première fois devancé les partis traditionnels. Pourtant, ces deux europhobes vont devoir se livrer bataille.

“C’est un tremblement de terre dans la politique britannique, le résultat est remarquable, et il aura des conséquences profondes pour les autres partis…” a martelé Nigel Farage.Tout à sa gloire et au bouleversement de l‘échiquier politique britannique, et fort de ses 24 députés européens, il espère conserver son groupe au parlement sans alliance avec le FN, dont il juge “l’ADN antisémite”.

Le FN, de son coté, enverra le même nombre de députés au Parlement européen. 24, soit quasiment un groupe à lui tout seul, sachant qu’il en faut 25, mais de 7 pays différents. Et là, tout se complique. Pour Le Pen, comme pour Farage qui devra lutter pour conserver son groupe.

Hier, Marine Le Pen et les chefs de quatre autres partis déjà alliés, le FPO autrichien, le PVV néerlandais, la Ligue du Nord italienne et le Vlams Belang belge ont affiché unité et confiance devant la presse.

Voici le groupe actuel – Europe de la liberté et de la démocratie – dont fait partie Nigel Farage. Onze partis, dont certains ont disparu avec le scrutin de dimanche.

En face, Marine Le pen, et quelques partis membres du groupe hétéroclite des “non- affiliés”.

Ceux que Farage est certain de conserver, ce sont les Vrais Finlandais et le Parti du peuple danois.

Le Pen a ses quatre acolytes assurés. La Ligue du Nord ayant quitté Farage à son profit.

Restent des inconnus, parmi lesquels le parti Ordre et justice lithuanien, qui hésite à rester chez Farage, et deux nouveaux : le KNP polonais et l’Alternative pour l’Allemagne, l’AFD.

Et puis, les interdits : le Jobbik hongrois, Aube dorée en Grèce, et le Parti néo-nazi allemand, qu’aucun des deux ne veut dans son groupe… pour l’instant.

Le nouveau parti anti-euro allemand, l’AFD, qui a créé la surprise avec ses sept élus, est donc l’une des clés de ces jeux d’alliance mais pas la seule. D’autres mouvements comme les Démocrates suédois, ou les 5 étoiles en Italie, pourraient faire pencher la balance d’un côté ou d’un autre. Et nul ne peut écarter l’idée que FN et UKIP soient forcés de s’allier.