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Louis Castel, un soldat virtuel pour suivre le Débarquement

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Louis Castel, un soldat virtuel pour suivre le Débarquement

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Quand les réseaux sociaux rattrapent la Grande Histoire, cela donne Louis Castel.

Louis Castel a 23 ans, il aime le baseball, aller au cinéma, raconter sa vie sur sa page Facebook et son compte Twitter… Et il vient d’annoncer à tous ses amis qu’il s’apprête à débarquer à Omaha Beach aux côtés de la Big Red 1. Survivra-t-il ? Pour l’instant, il est plein de fougue, et de fierté, inconscient encore de ce qui va se jouer dans quelques jours dans la chair des hommes et pour l’avenir du monde moderne.

Incroyable destin d’un jeune français engagé dans l’armée américaine il y a 70 ans, un personnage virtuel imaginé par le Mémorial de Caen à l’occasion du 70e anniversaire du Débarquement, pour toucher les jeunes d’aujourd’hui.

Et comment mieux transmettre l’histoire aux jeunes que là ou ils se trouvent le plus, c’est-à-dire sur les réseaux sociaux ? Louis Castel pourrait être comme eux. A quelques années près. Il est né le 19 mars 1920 à Paris. Il est parti aux Etats-Unis pour un stage en 1939, avant de s’engager dans l’armée américaine après la rencontre de Montoire entre Pétain et Hitler en octobre 1940.

Convoqué après Pearl Harbor, le personnage est un “boy” en permission le jour où il commence à tweeter, le 19 décembre 1943. “Ça y est, je suis arrivé à Manhattan pour 8 jours de permission” peut-on lire sur son compte lancé le 19 décembre dernier, premier jour d’une aventure virtuelle prévue pour six mois, alimentée quotidiennement de photos, de liens, d’anecdotes en tous genres.

Une aventure qui a nécessité un travail scientifique gigantesque. Derrière ce personnage fictif, inspiré de l’histoire d’un ancien combattant toujours en vie, deux salariés du Mémorial de Caen veillent au grain. Ce qu’a voulu le Mémorial, c’est faire “revivre le quotidien d’un GI entre New-York, le Royaume-Uni, les plages du Débarquement et la Bataille de Normandie. Un quotidien fait d‘épreuves, mais aussi de dépassement de soi et de joies intenses”. Créer Louis Castel a demandé un travail fouillé de documentation historique, au travers d’histoires vraies puisées dans les témoignages et dans des livres.

Mais Louis Castel a un grand frère, il se nomme Léon Vivien. Car le Mémorial s’est appuyé sur l’expérience du Musée de la grande guerre de Meaux, qui a créé un Poilu virtuel. Avec des photos, des impressions sur la vie de tous les jours, des récits du front, le musée a raconté pendant un mois et demi – et avec 98 ans de décalage – le quotidien de Léon Vivien sur « sa » page Facebook, du déclenchement de la Première guerre mondiale à la mort du soldat, le 22 mai 1915/2013. Plus de 65.000 « like ». En tout, neuf millions d’internautes ont été touchés par le profil de Léon.