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Les sites archéologiques méconnus du Gujarat indien


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Les sites archéologiques méconnus du Gujarat indien

C’est une destination peu connue de l’Ouest de l’Inde qui figure pourtant sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco : dans l’Etat du Gujarat, il faut prendre un téléphérique pour découvrir en haut d’une colline, l’ensemble du parc archéologique de Champaner-Pavagadh.

Kirti Thakar, de l'organisme du tourisme du Gujarat, nous guide dans les vestiges d’un édifice appelé Sat Kaman : “c’est une structure architecturale remarquable”, souligne-t-il, “elle a été apportée ici par les ancêtres des Afghans.”

Au XVe siècle, un souverain turc du nom de Mahmud Begharha s’empara de Champaner, désireux de jeter son dévolu sur ce royaume voisin des Rajputs. Il attaqua la colline de Pavagadh où se dressaient d’anciennes fortifications et construisit une ville nouvelle à ses pieds. “Le Sat Kaman a servi de camp de base militaire à Mahmud Begharha, l’envahisseur qui a conquis cette zone”, nous précise Kirti Thakar.

Tout en assiégeant la ville, le sultan fit bâtir son palais et des lieux de culte à l’extérieur des fortifications. Les Rajputs furent vaincus au terme de vingt mois de campagne. Terrassés par la défaite, ils procédèrent à des suicides rituels de masse.
À l‘époque du sultan, Champaner est devenue la capitale du Gujarat, elle a été fondée vers 1484. Mais, la gloire de la cité n’a été que de courte durée : en 1535, Humâyûn, le second empereur moghol, l’attaqua par deux fois et la détruisit. Après cela, Champaner ne connaîtra plus de véritable renouveau.

Pendant des siècles, l’ensemble des monuments a subi l’assaut du temps et de la végétation. Ce n’est qu’en 1970 que des archéologues ont entamé des fouilles mettant au jour ce riche passé.

L’une des caractéristiques frappantes de ce site, c’est la coexistence de l’islam, de l’hindouisme et du jaïnisme. Des milliers de pèlerins fréquentent encore ces anciens lieux de culte : les hindous par exemple se rendent au temple de Kalika Mata datant du Xème ou XIème siècle, le plus ancien de la région.

Depuis son inscription sur la liste de l’Unesco, le parc archéologique commence à attirer l’attention de touristes locaux et internationaux, affirme une femme venue visiter les lieux avec son mari : “il est certain que depuis que le site a été déclaré comme faisant partie du patrimoine par le gouvernement indien, il y a de plus en plus de visiteurs,” insiste-t-elle.

La protection de l’Unesco s‘étend également au patrimoine culturel vivant : sur une colline voisine, on prend soin de perpétuer la tradition des peintures murales collectives. “C’est une forme traditionnelle d’art pictural que l’on ne trouve que dans la région, elle existe depuis cinq ou six générations”, affirme Deepna Rakna, un villageois, “les habitants se rassemblent pendant neuf jours,” dit-il, “et peignent ensemble selon un rituel collectif.”

L’an dernier, l’Unesco a salué les mesures prises par les autorités indiennes en vue de limiter les menaces qui pèsent sur ce site tout en les invitant à poursuivre leurs efforts.

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