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Shimon Peres, 65 ans de carrière politique


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Shimon Peres, 65 ans de carrière politique

Lorsque Shimon Peres devient président de l’Etat d’Israël en 2007, il a 83 ans, et a passé près de 60 ans sur le devant de la scène politique.
L’homme qui dit ménager sa santé n’a pas vraiment fait de pause, et la présidence était le dernier échelon qui manquait à sa longue route à travers les cercles du pouvoir.

Une route semée de gloires, de revers, de drames, de victoires. En tant que président, une fonction honorifique en Israël, il aura usé jusqu’au bout de son influence pour promouvoir la paix, au point d’irriter la droite nationaliste et d’apparaître souvent comme le seul opposant au Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Arrivé en Israël de Pologne à l‘âge de 11 ans, il en a 25 lorsqu’il rencontre, en faisant du stop, un homme qui bouleverse sa vie et fixe son destin: David Ben Gourion, le “vieux lion”. On est en 1948. Israël voit le jour et il en sera l’un des pères fondateurs.

Quatre ans après cette rencontre, le travailliste Peres est nommé directeur général du ministère de la Défense. Israël lui doit ses puissantes industries d’armements et d’aéronautique. Mais celui qui deviendra ministre de la Défense en 1974 cautionne aussi dans les années 70 les premières colonies juives en Cisjordanie occupée.

Tantôt faucon, tantôt colombe…
Car Peres reste l’artisan des accords historiques d’Oslo.
Il force alors un peu la main du Premier ministre de l‘époque Yitzhak Rabin, pour négocier avec Yasser Arafat. L’accord signé à Washington, en présence du président américain Bill Clinton, est un premier pas dans la résolution du conflit israélo-palestinien.

Cela vaudra à Peres de partager, en 1994, le prix Nobel de la paix, avec Yitzhak Rabin et Yasser Arafat.
Mais la joie sera de courte durée.

En Novembre 1995, au cours d’un grand rassemblement pour la paix, Shimon Peres est sur scène aux côtés de Rabin lorsque celui-ci est abbatu par un extrémiste juif, lequel avait prévu de tuer les deux hommes.
L‘émotion suscitée par cette mort brutale est immense.
Peres redevient Premier ministre et réaffirme sa volonté de poursuivre le processus de paix.

Mais six mois plus tard, alors qu’il cumule son poste avec celui de Ministre de la Défense, il lance l’opération militaire “Raisins de la colère” dans le sud du Liban.
L’aviation israélienne bombarde le village de Cana, tuant 106 civils.

L’image de Shimon Peres est fortement endommagée à l‘étranger et au niveau national.

S’en suivra une longue traversée du désert, mais comme après chaque K.O., Peres se relèvera.
Celui qui priait dimanche dernier pour la paix avec le pape François et son “partenaire de paix “ Mahmoud Abbas déclara :

“Je suis sûr que je verrai la paix une fois dans ma vie. Et si pour cela je devais vivre un ou deux ans de plus, je n’hésiterais pas.”

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