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Les djihadistes de l'EIIL progressent en Irak

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Les djihadistes de l'EIIL progressent en Irak

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Arrivé en tête, de justesse et par défaut, des élections législatives d’avril, Nouri al-Maliki n’a pas encore pu former de gouvernement. L’homme peine à rassembler dans un pays à feu et à sang, d’autant que ses détracteurs l’accusent d’attiser les braises.

“La participation aux élections parlementaires est une claque au visage des terroristes qui voulaient empêcher le processus électoral, à travers des actes violents qui ont été repoussés par des forces de sécurité, les politiciens et les tribus’‘, déclarait-il le 30 avril dernier.

Les terroristes en question, les combattants de l‘État Islamique en Irak et au Levant, semblent, depuis, lui avoir retourné la claque.

Initialement liés à Al Qaida, les djihadistes sunnites s’en séparent à partir de 2013. Ils commencent alors à gagner du terrain, multiplient les actes de guérillas et les violences. En janvier, ils prennent Falloujah et plusieurs secteurs de la province d’al-Anbar. Ils interviennent aussi en Syrie.

Aujourd’hui, l’EIIL poursuit son objectif : établir un État islamique dirigé par la charia en Syrie, en Irak, mais aussi sur une partie du Liban. Les djihadistes tiennent plusieurs positions en Syrie et progressent inexorablement en Irak. La prise de Mossoul et de la province de Ninive est capitale. Sur le plan stratégique, cette région, riche en pétrole, est située tout près du Kurdistan irakien, relativement prospère. Tout près aussi, de la frontière syrienne.

“La chute de Mossoul est encore plus dangereuse que celle de Falloujah, souligne l’analyste Jumaa al-Atwan, car la province de Ninive est frontalière de plusieurs provinces en Irak. Je pense par exemple à la région du Kurdistan au nord, Salaheddine et Kirkouk au sud, ce qui pourrait signifier des menaces potentielles. Et c’est très dangereux.’‘

Créé en 2006, dans le sillage de l’intervention des États-Unis en Irak, l’EIIL est d’abord cantonné dans les zones rurales. L’organisation va commencer son expansion après le retrait, cinq ans plus tard, des troupes américaines. Mais c’est le conflit syrien qui va lui donner une vraie dynamique, grâce à l’afflux de combattants djihadistes, locaux et étrangers. L’ancrage syrien est, là aussi stratégique, car il offre à l’organisation un accès à la frontière turque et au pétrole de la région.

Compte tenu de l’incapacité du gouvernement à contrer la menace, de nombreux observateurs craignent que l’Irak, tout entier, tombe rapidement aux mains des djihadistes.