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Système éducatif au Brésil : quels sont les scores ?

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Système éducatif au Brésil : quels sont les scores ?

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Le Brésil est aujourd’hui, la septième économie mondiale malgré un PIB par habitant relativement faible de l‘équivalent d’environ 9 000 euros. À l’heure où le pays accueille la Coupe du monde de foot, voyons si dans le domaine de l‘éducation, les Brésiliens marquent aussi des buts. En réalité, les lacunes sont nombreuses : une ségrégation sociale dans les écoles, des budgets faibles pour le primaire et le secondaire ou encore un accès limité à l’enseignement supérieur. Une telle situation peut-elle entraver le boom économique que connaît le pays ?

Primaire et secondaire : peut mieux faire !

Si le Brésil est un pays profondément inégalitaire, il l’est aussi dans l‘éducation. Le fossé entre public et privé reste largement béant et seuls 43 % des Brésiliens achèvent leur cursus secondaire : c’est bien moins que la moyenne mondiale de 67 % établie par l’OCDE.

Nous nous sommes rendus dans une école publique des environs de Jardim Cambará pour constater le manque de moyens général dans les établissements publics du pays. Les classes y sont souvent surchargées et les enseignants, mal payés.

Les familles les plus riches ont tendance à se tourner vers le privé dont certains établissements prestigieux comme le Colegio Vertice où il faut payer l‘équivalent de 700 euros par mois en frais d’inscription. Pour autant, dans les écoles privées, la situation n’est pas toujours la panacée.

Plus de moyens pour l‘éducation, c’est l’un des slogans repris dans les manifestations ces derniers mois. La présidence brésilienne s’est engagée à investir davantage dans ce domaine.

Aujourd’hui, malgré tout, plus de 93 % des enfants brésiliens ont accès au primaire et le pays consacre à l‘éducation, jusqu‘à 5,5 % de son PIB.

Des Universités de bon niveau, mais élitistes

On note malgré tout, certains progrès au sein du système éducatif brésilien : aujourd’hui, de plus en plus d’enfants ont accès au primaire et au secondaire. Mais qu’en est-il par la suite ? Aujourd’hui, les études sont encore largement réservées aux élites : seuls 8 % des Brésiliens disposent d’un diplôme universitaire. Nous avons visité le plus grand campus d’Amérique latine : celui de l'Université fédérale rurale de l'Etat de Rio de Janeiro. Cet établissement public, spécialisé dans l’agronomie, a développé de nouvelles filières ces dernières années et accueille de plus en plus d‘étudiants. En huit ans, leur nombre a doublé pour passer à plus de 10.000. Si cette Université qui veut s’imposer comme la meilleure du pays a les moyens, c’est qu’elle bénéficie de subventions en hausse de la part de l‘État et du soutien d’entreprises privées. Le gouvernement brésilien redouble d’efforts pour tenter de rééquilibrer un paysage universitaire où près des trois-quarts des établissements d’enseignement supérieur sont aujourd’hui privés.
Reste aussi à faire plus pour améliorer la qualité de l’enseignement et le niveau des élèves en fin de secondaire, clame-t-on du côté des étudiants et des enseignants.

Le foot, tremplin pour une autre vie

À Morro dos Prazéres, dans l’un des bidonvilles les plus pauvres de Rio, le football est partout. Une situation inimaginable il y a seulement trois ans, le secteur comme les 700 autres favelas de la ville était livré aux trafiquants de drogue. Ces résultats ont été obtenus grâce au projet Esporte Seguro (en français, le sport en sécurité) soutenu par le British Council, les autorités et la police locales qui à l’approche du Mondial, ont créé une unité pour rétablir l’ordre dans les favelas. Aujourd’hui, deux cents enfants jouent au foot sous la protection des policiers et échangent avec eux.

“On veut rapprocher les policiers et les habitants qui s’en sont toujours méfiés. On veut leur permettre de se connaître et de se découvrir des objectifs communs,” souligne Charles Siqueira, coordinateur de Esporte Seguro. “Pour les jeunes,” poursuit-il, “le plus intéressant dans ce projet, c’est qu’ils peuvent rêver de faire quelque chose de leur vie et avoir d’autres références pour les y aider.”

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