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La mer Rouge, noire de déchets toxiques

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La mer Rouge, noire de déchets toxiques

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La mer Rouge, poubelle iranienne ! L’assertion peut choquer sauf si l’on adhère à la mise en garde d’une organisation politique érythréenne (Red Sea Afar Democratic Organisation) qui appelle la Communauté internationale à prendre ses responsabilités.

D’après RSADO, des déchets toxiques sont déversés dans la mer Rouge et ce depuis plusieurs années déjà. Ces déchets industriels et nucléaires proviennent d’Iran. Ils ont été exportés vers l‘Érythrée par Téhéran via un accord financier conclu entre le gouvernement érythréen et la République islamique. Depuis, RSADO affirme que les déchets ont rejoint des profondeurs pas si abyssales que cela.

La zone touchée est celle de Danakil, au sud de la mer Rouge. C’est là que vivent les Afars, soit 98% de la population dans cette corne de l’Afrique connue pour être l’une des régions les plus chaudes du globe. Ils se répartissent pour majorité en Éthiopie, puis en Érythrée et à Djibouti. Leur nombre serait supérieur à 3 millions. Sur la côte, ils sont pêcheurs ou récoltent le sel.

Toujours d’après RSADO, les cancers et les naissances problématiques s’y seraient multipliés. Des tumeurs seraient apparues au niveau des membres inférieurs des pêcheurs. Les terres seraient empoisonnées et les générations futures en danger. Allégations que le quotidien soudanais Sudan Tribune n’a pu vérifier auprès d’organismes indépendants, comme il le rapportait récemment.

L’affaire n’est pourtant pas nouvelle. En 2010, une première alerte avait été lancée par des représentants du mouvement d’opposition des Afars. Sans conséquence.

A Asmara, capitale de l‘Érythrée, le gouvernement n’avait pas réagi. Pas plus que la Communauté internationale qui a semblé, elle aussi, faire la sourde oreille alors qu’on lui demande aujourd’hui de procéder à une véritable enquête sur les lieux désignés.

Le dossier refait donc surface. Et RSADO dénonce un acte “criminel et irresponsable de la part du gouvernement érythréen” qui s’apparente à une violation de la Convention de Bâle. Cette convention règlemente le mouvement transfrontalier des déchets dangereux et leur élimination. Elle est entrée en vigueur en 1992, 168 membres l’ont signé, dont ceux de l’Union Européenne, et elle leur interdit le commerce des déchets toxiques entre états signataires. Pour les non signataires, la Convention fait montre de la même fermeté. Elle proscrit le passage en catimini d’accords bilatéraux transfrontaliers d’exportation de déchets toxiques. Dans le cas inverse, cela s’apparente à du trafic illicite. Et la Communauté internationale s’est réservée le droit d’engager des poursuites et sanctions pénales lourdes.