DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Indonésie : des soins médicaux contre des déchets


monde

Indonésie : des soins médicaux contre des déchets

La petite clinique Bumi Ayu de Malang en Indonésie n’est pas un centre médical comme les autres. Ici, les traitements médicaux se règlent avec des déchets.

La ville de Malang, peuplée de quelque 800 000 habitants, possède actuellement cinq cliniques fonctionnant sur le même principe. Baptisées « Déchets Assurance Cliniques » par leur fondateur Gamal Albinsaid, âgé seulement de 24 ans, ces centres permettent aux plus pauvres d’accéder aux soins dans un pays où non seulement la moitié de la population vit avec deux dollars par jour mais qui souffre aussi de la pénurie de personnel médical bien formé.

Les habitants qui veulent se faire soigner dans l’une des cliniques doivent collecter pour au moins 10.000 roupies indonésiennes (60 centimes d’euros) de déchets par mois pour pouvoir bénéficier de deux consultations par mois. La valeur marchande des déchets varie selon leur type : les déchets organiques sont transformés en engrais et vendus aux agriculteurs alors que les matériaux tels que le plastique ou le métal sont achetés par des sociétés afin d’être retraités.

La clinique Bumi Ayu, qui emploie deux médecins, une infirmière et deux pharmaciens, est ouverte tous les jours. La plupart des patients sont des ouvriers agricoles qui travaillent dans les rizières et qui ne gagnent pas assez pour payer un traitement médical adapté.

Mahmud est l’un des patients de Bumi Ayu : « ici, je sais que je peux monnayer mes déchets, alors je les mets de côté. Avant, je jetais tout dans la rue, mais j’ai commencé à me dire que les déchets étaient en fait utiles”, raconte-t-il.

Le succès du système « Déchets Assurance Clinique » dépasse largement le domaine de l’accès aux soins des plus pauvres. Cette initiative, mise en œuvre en 2013, a également été bénéfique à l’environnement. Elle a incité de nombreuses personnes à ramasser des déchets dans les rues de Malang, confrontée, comme beaucoup de villes indonésiennes, au problème d’insalubrité.

Par ailleurs, selon G. Albinsaid, parmi les personnes qui apportent chaque semaine des déchets à la clinique, seulement 10 à 15% ont recours aux soins médicaux, les autres le faisant en cas de besoin. C’est un coup de pouce significatif qui permet à l‘établissement de financer son développement.

Après Malang, d’autres projets « Déchets Assurance Clinique » devraient voir le jour dans trois autres villes de l’archipel.

Avec AFP

Prochain article

monde

La mer Rouge, noire de déchets toxiques