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Pour en finir avec les clichés sur les "films iraniens"

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Pour en finir avec les clichés sur les "films iraniens"

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Le cinéma ou plutôt les cinémas d’Iran se sont installés à Paris pour la deuxième édition de leur festival. Dans le cinquième arrondissement, le Nouvel Odéon a projeté une large variété de films réalisés par des iraniens, du documentaire à la fiction en passant par l’animation.

Bamchade Pourvali est le codirecteur du Festival : “Le festival s’appelle cinéma(s) d’Iran avec un S entre parenthèses puisque notre idée en fait depuis le début c‘était de montrer la production iranienne aussi bien à l’intérieure à travers le cinéma indépendant iranien, mais aussi les films réalisés depuis une dizaine d’années à l’extérieur de l’Iran que l’on montre aussi dans ce festival, donc l’idée était d’établir un dialogue entre le cinéma de l’intérieur et de l’extérieur de l’Iran.”

Ce festival a invité des réalisateurs iraniens de la jeune génération dont Ali Ahmadzadeh qui a tourné le film Kami’s Party.

Il s’agit là d’un premier long métrage un road movie peuplé de jeunes iraniens qui vont de fêtes en fêtes. Un film qui n’a jamais reçu d’autorisation de diffusion en Iran.

Ali Ahmadzadeh : “Pour moi le cinéma underground est né quand les réalisateurs ont décidé de tourner sans faire de demande d’autorisation ou que certains ne l’ont jamais eu. Quand le ministère de la Culture et de l’Orientation islamique ne nous autorise pas à tourner nos scénarios alors les films deviennent underground.”

“La coquille” réalisé par Mostafa Aleahmad raconte l’histoire d’un prisonnier qui était condamné à perpétuité mais qui est libéré après 14 ans de détention après que son innocence a été prouvée. Jamais projeté en Iran il est ici présenté dans une section intitulé le Salon des refusés.

Nader Takmil Homayoun, codirecteur du festival : “Le salon des refusés était un petit clin d’œil qu’on a eu évidement vis à vis des peintres impressionnistes qui sont devenu tous des grands maîtres de la peinture mais que jamais l’état n’avait accepté officiellement de présenter leurs œuvres dans des salons. Et c’était un peut le cas de beaucoup de cinéastes iraniens.
Donc on s’est dit que c’est peut être l’occasion aujourd’hui de montrer ces oeuvres qui sont à la fois cinématographiquement extrêmement intéressantes, mais aussi qui par leur interdiction nous donnent une idée de tous les paradoxes qui règnent dans la politique culturelle iranienne.”

Autre film dans cette section “Pluie saisonnière”. On suit un adolescent de la classe moyenne iranienne. Tiraillé entre liberté et solitude, il découvre une manière de vivre différente après le divorce de ses parents.

Le film a été réalisé par Majid Barzegar :
“Pour produire quoi que ce soit, nous devons demander une permission au ministère de la Culture et de l’Orientation islamique, ce que l’on appelle le permis de production. Et quand le film est tourné on doit le présenter à un autre groupe du même établissement que l’on appelle le “conseil d’autorisation de projection”. Ils regardent le film et ils peuvent ne pas donner de permis de projection pour un film qui a pourtant reçu une autorisation de production.”

Arash Naimian, Euronews : “Le festival a réuni des films présentant différents points de vue. Des films dont la projection n’est pas toujours facile en raison des lois complexes qui régissent l’industrie du cinéma. Un festival comme celui-ci peut faire tomber les clichés sur les “Films iraniens” en les replaçant dans une perspective du cinéma iranien plus réaliste et plus diversifiée.”