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Europe : la présidence italienne pariera sur la croissance

Alors que l’Italie doit prendre la présidence de l’UE le 1er juillet, le Premier ministre italien Matteo Renzi a tenu un long discours au Parlement sur sa vision de l’Europe, une Europe qui doit retrouver une communauté de valeurs si elle veut la relance. Il a préconisé un changement de cap ambitieux, à atteindre en mille jours, mettant en avant la situation de son propre pays.

“Dans les mille jours à venir, nous allons montrer un pays qui a été capable de réaliser les mêmes réformes que d’autres pays ont menées, comme l’Allemagne après 2003. Et, si nous faisons les réformes, ce n’est pas parce que quelqu’un de l’extérieur nous l’a dicté. Nous le faisons parce que nous sommes conscients que nous devons le faire”.

Pour Matteo Renzi, les politiques d’austérité ne peuvent garantir la stabilité financière face au chômage et à la stagnation économique. Il a prôné la relance de la croissance, réclamant plus de souplesse dans l’interprétation des traités européens. Tout en assurant que l’Italie n’entendait pas violer les règles du pacte de stabilité : “c’est tout de même drôle : pour certains, parler de croissance signifie violer le traité. Ceux qui violent vraiment le traité sont ceux qui ne parlent que de stabilité. Si nous ne réduisons pas le nombre de chômeurs, si nous ne retrouvons pas notre capacité à créer de la croissance, nous ne gagnerons aucune stabilité”.

Matteo Renzi a évoqué par ailleurs le problème de l’immigration clandestine. Un des enjeux majeurs pour Rome qui appelle à davantage de solidarité européenne pour faire face au problème.

“Une Europe seulement capable de dicter comment les pêcheurs doivent pêcher le thon ou l’espadon, mais, qui quand la mer est pleine de cadavres, préfère regarder ailleurs, une Europe comme celle-ci ne peut pas se prétendre une Europe des valeurs humaines” a-t-il martelé.

Renzi, dont le groupe de centre-gauche a décidé de soutenir Jean-Claude Junker samedi, n’a pas directement évoqué la future présidence de la Commission, préférant insister sur la nécessité d’une discussion de fond sur les prises de responsabilité et les politiques stratégiques à mener pour plus de démocratie: “celui qui pense que le déficit démocratique en Europe peut être comblé juste en nommant Juncker ou quelqu’un d’autre à la présidence de la Commission européenne doit habiter sur Mars”.

Pour Matteo Renzi, les réformes entreprises par l’Italie, allant d’une nouvelle loi électorale à la réduction des dépenses publiques, lui donneront l’assise nécessaire pour mener son programme pour l’Europe. Il lui reste à convaincre ses partenaires européens….

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