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Maha Barada, euronews :
“L‘éducation positive consiste en une approche psychologique qui vise à développer le bien-être des élèves et faire la promotion du bonheur. On regarde comment cela se traduit dans les salles de classe, et quels types d’apprentissages cela implique. Il est de plus en plus évident que l‘éducation positive aide à réduire l’angoisse, dope l’estime de soi et aide les jeunes à faire plus à l‘école. En Australie, une école a développé tout un programme autour du bien-être.”

L‘éducation positive en Australie

On apprend mieux quand on est heureux ! Depuis 2008, la Geelong Grammar School, en Australie, met en application ce principe avec son Programme d‘Éducation Positive, qui allie enseignement et psychologie positive.

“La psychologie positive vise à aider les élèves et les gens à tirer le meilleur de leurs vies, explique le principal Steven Meek. Nous avons ici des étudiants qui ont été confrontés à tout un tas de problèmes, et ce que nous voulons faire, c’est les aider à les surmonter.”

Le programme d‘études de l‘école s’inspire du travail de pionnier de Martin Seligman, de l’Université de Pennsylvanie.

“Nous couvrons ce qui touche aux émotions, à l’investissement positif. Nous nous intéressons aux relations, aux relations positives. Nous nous penchons sur le sens et l’accomplissement”, détaille David Bott, enseignant.

Beaucoup d’enseignants utilisent la méditation, qui fait partie du programme. Elle est pratiquée régulièrement. Les élèves méditent au début de chaque cours et tout particulièrement en période d’examen, avec jusqu‘à dix minutes de méditation avant les épreuves les plus importantes.

Mais pourquoi est-ce si important d’assimiler ces compétences dès le plus jeune âge ? Réponse de David Bott : “160 000 jeunes Australiens souffrent de dépression chaque année. C’est une statistique assez inquiétante. C’est l’un des principaux problèmes dont nous nous occupons à l‘école. L‘éducation positive est conçue pour aider les étudiants à être déterminés et prévenir maladie et mal-être.”

Les chercheurs de l’Université de Melbourne évaluent l’impact sur le bien-être des élèves. Pour déterminer le niveau de stress, ils utilisent notamment des tests de salive, suivent les variations du rythme cardiaque. Des applications sur appareils mobiles sont également utilisées.

“On sollicite les jeunes sur leur iPod à n’importe quel moment pour qu’ils nous disent ce qu’ils sont en train de faire, avec qui ils se trouvent, de quelle humeur ils sont et aussi dire tout ce qui leur est récemment arrivé, que ce soit positif ou négatif, et comment ils ont réagi, quelle stratégie ils ont adoptée pour gérer cela”, explique Diane Vella-Brodrick, de l’Université de Melbourne.

Les études d’impact n’en sont qu‘à leurs débuts, mais pour les parents et les élèves, comme Billie Hook, les répercussions de l‘éducation positive sont assez évidentes : “la meilleure chose que j’ai acquise avec l‘éducation positive c’est la détermination et apprendre à l’utiliser dans la vie de tous les jours, quelle que soit la difficulté. J’apprends à en tirer le meilleur et je pense que cette détermination va m’accompagner tout au long de ma vie”, dit-elle.

Maha Barada, euronews :
“Le titre ‘Happy’ de Pharell Williams a cartonné sur toute la planète. Cela montre peut-être combien le bonheur est important à nos yeux. C’est également un élément de plus en plus important dans les approches éducatives. En Allemagne, un institut a fait de l’enseignement du bonheur une matière à part entière. On vous en dit plus dans ce reportage.”

Allemagne : enseigner le bonheur

Ces élèves du collège Lerchenfeld de Hambourg apprennent à être heureux. Bienvenue en cours de bonheur, une matière au programme de plus d’une centaine d‘écoles allemandes.

Cet exercice n’est pas destiné à préparer les élèves à participer à un concert de rock. Il comporte un véritable objectif pédagogique, comme l’explique l’enseignante Barbara Neuber : “ce type d’exercice vise à pousser les élèves vers leurs limites. Ici, il s’agit d’essayer quelque chose qu’ils n’oseraient pas faire en temps normal.”

Ce cours de bonheur est censé développer chez les élèves le sens de la communauté, des compétences sociales, la confiance. Des valeurs nécessaires pour gérer le stress et la pression.

“C’est la première fois que je le faisais, dit Grana. Au début, je me disais, Ok, je ne devrais peut-être pas le faire. Mais quand je me suis laissée tomber et que les autres m’ont rattrapée ça a été un vrai moment de joie. J‘étais vraiment heureuse.”

Comment traverser une rivière imaginaire quand il n’y a pas assez de pierres pour tous les membres du groupe ? Voilà la question soulevée par l’exercice du “Rubicon”. Ici, les compétences sociales et la volonté de communiquer sont essentielles, dit Barbara Neuber : ‘‘il s’agit ici surtout de leur enseigner la perception. Quand on n’est pas capable de percevoir les choses, on ne peut pas gérer les problèmes. Dans les cours de sport traditionnels comme dans les autres matières, l’objectif, c’est surtout la performance. Dans ce cours de bonheur, les notes et la performance ne sont pas la priorité.”

Chaque exercice est évalué a posteriori dans des discussions en groupe. Barbara Neuber et sa collègue Ruth Eckardt donnent des cours de bonheur à des élèves de tous les âges. Dans cette classe plus jeune, les enfants peignent ce qui leur vient à l’esprit dans ce qu’on appelle leur propre “royaume”, sans parler entre eux. Cet exercice leur montre comment ils peuvent se définir dans un groupe tout en respectant autrui.

“À la fin de la journée, l’objectif est que les jeunes enfants et les adolescents en sachent plus sur leurs propres ressources, dit Ruth Eckardt. Il s’agit de leur faire découvrir des compétences et de les utiliser, y compris et surtout en situation de crise.”

Tous les élèves de Lerchenfeld connaissent l’exercice dit de la “douche chaude”. Un élève s’assoit en tournant le dos au reste de la classe, et les autres élèves disent ce qu’ils lui trouvent de positif. Il n’est pas rare que l’enfant finisse par en pleurer de joie.

“L’exercice de la douche chaude vous fait vraiment vous sentir plus heureux, témoigne Paul. Pour moi, c’est un moment de bonheur qui a duré plusieurs jours, parce qu’on entend tellement de choses gentilles sur soi et qu’on n’en a vraiment pas l’habitude.”

Le bonheur est une matière d’enseignement qui gagne du terrain en Allemagne et dans le monde anglophone.

Maha Barada, euronews :
“Avez-vous déjà entendu parler du BNB, le Bonheur national brut ? Est-ce qu’il existe vraiment pour les hommes politiques ? Y a-t-il un pays qui fait du bonheur son principal objectif de développement ? Et bien oui ! Regardez ce reportage dans le royaume du Bhoutan, où le bonheur commence à l‘école.”

Le Bonheur national brut du Bouthan

Très peu de pays dans le monde font du bonheur leur objectif ultime de développement. Tout petit royaume niché au cœur de l’Himalaya, le Bhoutan a remplacé le Produit national brut par le Bonheur national brut.

Dans le village de Woochu, comme tous les matins, la petite Jamphel Yeshey Paylden, huit ans, se prépare pour aller à l‘école, qui se trouve à 20 minutes de marche de chez elle. “Les cours commencent avec de la méditation et des prières, et quand on prie, on respecte notre roi, notre pays et notre religion, et on entretien notre culture”, dit-elle.

Cette école de Woochu faisait partie des établissements pilotes du Bhoutan quand le concept de Bonheur national brut a été introduit. L‘école vise à former des élèves en bonne santé, avec un socle de valeurs, et qui pourront devenir des citoyens heureux et productifs.

“Notre but, c’est que les enfants soient heureux à l‘école, explique le principal Chencho Namgyel. Par le passé, un certain nombre d’enfants se laissaient aller vers la drogue, et même le tabac et l’alcool. Nous avions beaucoup de problèmes il y a quelques années, mais aujourd’hui la situation s’est nettement améliorée.”

Dans les salles de classe, outre le programme traditionnel, les élèves apprennent à entraîner leur esprit avec la méditation et la pleine conscience. La méditation dure entre une et trois minutes. Les élèves apprennent également les valeurs humaines élémentaires comme le partage, le respect de la nature, le service à la communauté.

“L‘éducation pour le Bonheur national brut est une initiative noble, qui n’est pas incompatible avec un modèle d‘école adapté aux enfants. C’est une approche holistique du développement de l’enfant”, affirme Phuntsho Lham, du ministère de l‘Éducation.

Le BNB ne s’arrête pas à l‘école. Les parents aussi assimilent ses valeurs à travers leurs enfants : “après l’introduction du BNB, les enfants ont arrêté de manger n’importe quoi et en rentrant de l‘école, ils nous apprennent comment consommer les légumes, et comment s’entraider. Ils nous donnent beaucoup de conseils”, dit la mère de la petite Jamphel Yeshey Paylden.

Une philosophie qui est un modèle pour d’autres pays, comme la Finlande qui a conclu un partenariat avec des écoles du Bhoutan.

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