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"Ils ne savent plus quoi faire", Valérie Gauriat, envoyée spéciale d'Euronews dans la Bande de Gaza

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"Ils ne savent plus quoi faire", Valérie Gauriat, envoyée spéciale d'Euronews dans la Bande de Gaza

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Deux semaines après le début de l’opération, “Bordure de Protection”, la situation humanitaire dans la Bande de gaza se détériore de jour en jour. Des milliers de palestiniens fuient les bombardements israéliens. Certains dont les logements sont détruits cherchent un refuge chez des proches ou des amis. En l’absence de trêve entre Israël et le Hamas, ils se résignent à survivre dans ce chaos.
Valérie Gauriat, l’envoyée spéciale d’Euronews, décrit leurs conditions de vie.

Euronews: Est-ce que la tension est palpable comme lors des derniers jours alors que se profile une deuxième intervention israélienne dans la bande de Gaza?

Valérie Gauriat: Effectivement, la tension est palpable et si l’on parle des rues de Gaza, il faut savoir qu’elles sont désertes. C’est une ville fantôme, les gens se cachent, ils ont peur à mesure que les bombardements s’intensifient.

Euronews: En conséquence, les habitants dont la maison n’a pas été détruite restent chez eux?

Valérie Gauriat: En effet, les gens se terrent, soit ils sont chez eux pour ceux dont la maison n’a pas été détruite. D’autres sont dans des cages d’escalier, dans des immeubles qui leur servent de refuge, d’autres dans des abris de l’ONU. Mais en tout cas, la peur est là, la peur des bombardements qui peuvent tomber à tout instant et n’importe où.

Euronews: Vous avez tourné ce matin (jeudi 24 juillet, ndlr) des images qui sont assez parlantes. Est-ce que l’on peut parler, comme l’a fait un haut fonctionnaire de l’ONU, de catastrophe humanitaire?

Valérie Gauriat: Ce qui est certain, c’est que la pénurie s’installe à Gaza. Dans la perspective d’une poursuite des bombardements, tout vient à manquer, la nourriture et les vêtements viennent à manquer. Les familles de déplacés entre autres manquent de tout, ils ont tout perdu et les approvisionnements sont rares pour le moment. Les passages (à la frontière, ndlr) sont rares aussi, donc l’aide humanitaire est difficile à acheminer jusqu’ici. Par ailleurs, pour la population qui n’a pas été déplacée, il y a des pannes d‘électricité. Aujourd’hui, il n’y a plus d‘électricité dans la plupart des immeubles de la ville de Gaza. Par exemple, l’eau vient à manquer, il y a eu des bombardements sur les canalisations d’eau, les systèmes de distribution. L’eau potable se mêle à celle des égouts là où les canalisations ont été rompues.

Euronews: Vous avez rencontré des familles gazaouies, qu’est-ce qui ressort de ces échanges?

Valérie Gauriat: Ce matin, nous sommes allés dans le nord de la bande de Gaza, donc dans une zone dite rouge et là, nous avons rencontré une famille dont la maison a été complètement détruite, cette famille s’est regroupée dans une maison voisine. Le désespoir était très clair, les récits étaient tragiques, ils ne savent plus où aller, ils ne savent plus quoi faire. Ils ne savent plus à quel Saint se vouer et ils attendent vraiment que le monde trouve une solution à cette crise qui est devenue insupportable pour les habitants de la bande de Gaza.