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Demirtaş, le challenger kurde.


Turquie

Demirtaş, le challenger kurde.

Le peuple turc s’apprête à élire le douzième président de la République de son histoire. Selahattin Demirtaş est l’un des trois candidats déclarés à cette élection qui se tiendra pour la première fois au suffrage universel.

“Désormais nous pouvons commencer à construire une nouvelle ère pour la Turquie. Avec ma candidature, j’offre la possibilité au peuple turc non seulement d‘élire un nouveau président mais surtout d’envisager une nouvelle facon de vivre.”

Selahattin Demirtaş est le candidat du Parti pour la paix et la démocratie, la principale force politique kurde du pays.
Né à Diyarbakir, dans le sud-est du pays, Demirtaş a toujours vu la politique davantage comme une obligation plutôt que comme un choix, ce qu’il l’explique à euronews et Bora Bayraktar:

“Depuis mon enfance, j’ai toujours été passionné par les choses politiques et par la lutte pour la démocratie. Comme beaucoup de jeunes kurdes, j’ai donc rejoint ces combats très jeune afin de garantir aux kurdes les droits qu’on leur refuse, leur identité ethnique, pour lutter contre l’oppression.
Cela fait plus de 25 ans que je suis actif en politique. Ces huit dernières années, j’ai siégé au parlement et co-dirigé un parti. Au départ, j‘étais un avocat bénévole dans le domaine des droits de l’homme. Durant toutes ces années, à chaque instant, je me suis battu pour répondre aux principes auxquels je crois fermement.
En étant candidat à la présidence, je poursuis ce combat. Je suis un candidat qui a grandi dans cette lutte pour la démocratie qui a marqué l’histoire de la turquie.”

Selahattin Demirtaş a lancé sa carrière politique, ici, à Diyarbakır. Ses différentes expériences au sein des institutions l’ont amené jusqu‘à la présidence de l’association turque des Droits de l’Homme. Aujourd’hui, il promet de défendre ces droits non seulement aux Kurdes mais à tous les Turcs, à toutes les ethnies du pays.

La plupart des habitants de Diyarbakır croient aujourd’hui au retour de la paix grâce aux négociations menées avec le gouvernement et l’AKP. Pour eux, la candidature de Demirtaş en est une preuve supplémentaire.

“Il peut mener des politiques très sages, Pour vous dire la vérité, il peut rassembler. Mais bon je ne pense pas qu’il puisse réunir plus de 10% des votes. Mais pour les Kurdes c’est une bonne chose de pouvoir compter sur un candidat comme lui. Le plus important pour nous, c’est de voir ces élections gagner en fraternité, unité et paix.”

Ses opposants lui reprochent de mener sa politique sur des bases purement ethniques, Demirtas lui affirme promouvoir le respect des différentes cultures, un nouveau contrat social et une vie nouvelle.

“Le Premier Ministre Erdogan a pris des décisions pour la Turquie pendant de longues années, plus de douze ans. Il a axé sa politique sur lui même, il a créé un régime autoctratique, pas une démocratie.
Or tout au long de sa campagne, il nous annonce qu’il va renforcer cette même ligne de conduite si il est élu.
Nous pensons que sa ligne politique représente le passé. La Turquie a besoin de prendre une nouvelle direction, pour les pauvres, pour les travailleurs, pour le travail, une nouvelle direction qui correspondrait à la société turque du futur.”

Condamné en 2010 à 10 mois de prison pour des liens présumés avec le PKK, Demirtaş souhaite voir des progrès démocratiques après ces premières élections au suffrage universel.

“Ma candidature pour la présidentielle est aussi un appel pour des négociations constructives, Si je suis élu, les chances de voir ces négociations se transformer en paix durable seront plus fortes et réalistes, Je crois que la Turquie se débarrassera enfin des préoccupations sur le processus de paix et que les pourparlers gagneront en compréhension.”

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